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Au-delà du «facteur éolien»

Le froid de lundi, jour de vote, n'est... (Photo: AFP)

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Le froid de lundi, jour de vote, n'est sûrement pas la seule explication au faible taux de psrticipation aux élections québécoises.

Photo: AFP

Yvan Loubier
La Presse

Alors qu'on célèbre aujourd'hui les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le taux de participation à l'élection québécoise est une véritable douche froide. Ce qui m'attriste et me fâche profondément, c'est que près de la moitié des Québécois en âge de voter, plus exactement 2,4 millions de Québécois, ont choisi d'être en marge de la vie démocratique et ont sacrifié volontairement le droit de critiquer et de participer aux affaires publiques.

Aucune excuse n'est assez forte pour sacrifier ce droit que d'autres avant nous ont acquis au terme de sacrifices inestimables. Aucune excuse n'est assez forte pour sacrifier ce droit pour lequel, encore aujourd'hui, des milliers de gens se battent, sont emprisonnés, torturés et meurent dans le monde.

 

Que pourrions-nous dire de notre abstention à Chevalier Delorimier pendu après les événements de 1837-1838 avec plusieurs de ses compatriotes et aux autres, torturés et exilés au nom de la démocratie et de la liberté des générations à venir? À ceux qui sont morts au cours des deux dernières guerres mondiales et plus récemment, en Afghanistan? À nos grands-mères et arrière-grands-mères qui ont obtenu, de haute lutte, le droit de vote en 1919 au fédéral et depuis seulement quatre générations au Québec? «De toute façon, ça ne change rien, les politiciens sont cyniques, c'est du pareil au même»?

Qu'aurions-nous à donner comme arguments à Nelson Mandela, emprisonné 26 ans pour ses opinions et pour son combat contre l'apartheid, pour la liberté, la dignité et le droit de vote des Noirs d'Afrique du Sud? «Qu'il faisait trop froid avec le facteur éolien»?

Et aux milliers de Tibétains morts ou emprisonnés pour leur liberté et leur droit d'exister depuis 50 ans? À Aung San Suu Kyi, présidente pour la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie qui assiste impuissante depuis des années, et en garde à vue, à la dictature militaire et au massacre des siens? Aux Afghans qui, au péril de leur vie, ont voté librement pour la première fois il y a à peine quatre ans? Et aux dizaines de milliers de prisonniers politiques dans le monde dont le seul crime est d'avoir exprimé leurs opinions et leur soif de démocratie et de liberté? Nous leur dirions que «voter deux fois en quelques mois, c'est trop, trop fatigant»? S'ils le pouvaient, tous ces combattants des droits humains et des libertés voteraient tous les jours dans des conditions inimaginables.

Il n'y a pas que les politiciens qui ont un examen de conscience à faire. Ce serait trop facile d'attribuer toute la faute à ces hommes et ces femmes qui, quoi qu'on en dise et souvent au prix d'une vie sociale et familiale sacrifiée, ont tous le même désir de servir leurs concitoyens et de faire avancer le Québec. Toutes et tous avons à le faire et il est de notre devoir comme citoyens de préserver et d'enrichir l'héritage que nous ont légué ceux et celles qui ont lutté, souvent jusqu'à la mort, pour la démocratie.

L'auteur est économiste. Il est conseiller principal au cabinet de relations publiques National.

 




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