L'année 2008 a été marquée par une crise alimentaire et financière. Celle qui vient sera marquée sous le sceau du ralentissement économique. Parallèlement, les preuves démontrant l'ampleur des conséquences économiques, sociales et environnementales des changements climatiques ne cessent de s'accumuler.

Bernard Bigras LA PRESSE

Face à cette situation, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) présentait le 22 octobre dernier son projet de «New Deal vert mondial», une initiative encourageant les investissements dans les technologies propres et les ressources naturelles pour faire redémarrer l'économie.

 

Le Canada et le Québec doivent répondre à l'appel de l'ONU, qui demande aux nations d'en venir à un «New Deal vert mondial» visant à investir dans l'environnement et ainsi relancer l'économie et favoriser la création d'emplois.

Réduction de notre dépendance au pétrole, recours à des solutions de rechange dans le secteur du transport des marchandises et des personnes, efficacité énergétique, développement de technologies vertes pour les entreprises et incitatifs à l'utilisation d'énergies renouvelables ne sont que quelques exemples d'outils pouvant permettre au Québec de faire face au ralentissement économique.

Pour cela, nous devons dès maintenant utiliser les instruments fiscaux et les instruments de marché, comme la Bourse du carbone, qualifiée par l'OCDE d'abordable, afin d'entrer résolument dans une économie plus verte et plus durable.

L'ONU accorde 24 mois aux nations pour préparer un plan visant la réalisation de cette transition indispensable. Le Canada doit démontrer son engagement dès la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra en Pologne, au début décembre, mais surtout, en réformant sans délai son plan environnemental taillé sur mesure pour les pétrolières.

Pour mettre en valeur les secteurs les plus prometteurs au plan des retombées économiques, de la viabilité environnementale et de la création d'emplois identifiés par le PNUE, il faut dès maintenant que le gouvernement fédéral fasse des gestes concrets: imposer rapidement des cibles absolues de réduction de gaz à effet de serre pour permettre l'établissement d'un marché viable d'échange de crédits de carbone; abolir les incitatifs fiscaux à l'industrie pétrolière; accroître le financement des programmes pour mettre en valeur les énergies renouvelables, notamment l'éolien; rendre remboursable le crédit d'impôt à la recherche et au développement pour que les entreprises développent des technologies environnementales; bonifier les programmes d'amélioration énergétique des bâtiments résidentiels, commerciaux et industriels; soutenir le développement de la fabrication d'éthanol cellulosique provenant des résidus forestiers, agricoles et domestiques pour aider les régions-ressources, assurer la stabilité et la prévisibilité du financement fédéral des infrastructures afin que le Québec puisse moderniser, notamment, ses réseaux d'égouts et ses installations de traitement des eaux et surtout, réduire notre dépendance au pétrole.

Le gouvernement conservateur est devant un choix: prendre le train du «New Deal vert mondial» ou rester sur le quai. Embarquera-t-il?

L'auteur est député de Rosemont-La Petite-Patrie et porte-parole du Bloc québécois en matière d'environnement.