Dans la foulée du récent livre du philosophe Jean-Claude St-Onge, TDAH ? Pour en finir avec le dopage des enfants - qui a donné lieu à un reportage dans la section Pause le 7 septembre -, je suis sidérée de lire ces articles de début d'année scolaire qui stigmatisent, une fois de plus, les parents qui donnent une médication à leur enfant à la suite d'un diagnostic de TDAH.

Publié le 13 sept. 2015
Mélanie Petit

Quand un philosophe se mêle de questions de santé, il est intéressant de connaître son point de vue, mais il est impensable de le considérer comme plus concluant que celui des médecins, des chercheurs, des psychologues et des psychiatres qui travaillent d'arrache-pied pour défaire les mythes qui entourent le TDAH.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas remettre en question nos pratiques, mais écoutons la voix de gens qualifiés en ce domaine.

Parce que oui, le TDAH est une vraie maladie.

Parce que non, les parents ne sont pas simplement inadéquats.

Parce que je ne connais aucun parent qui veuille droguer son enfant.

Parce que je ne connais aucun enseignant qui pousse les parents à obtenir des diagnostics de coin de table seulement pour avoir la paix dans la classe.

Aussi, parce que mon coeur se brise lorsque je lis ou que j'entends les commentaires de ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans les bottines d'un parent d'enfant TDAH (il mange trop de sucre, il écoute trop la télé, l'enfance n'est pas une maladie, les parents ne savent pas élever leur enfant, etc.).

Si nous cessons de droguer nos enfants, nous revenons au Moyen Âge de la médecine.

Oui, il y a plus de diagnostics qu'autrefois, et c'est ce qu'on appelle le progrès, parce qu'autrefois ces enfants recevaient des raclées de leurs parents excédés, se faisaient mettre dehors de l'école, étaient rejetés par leurs pairs et passaient pour des cancres.