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Un moment privilégié

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L'auteure estime que le temps des devoirs est un moment privilégié pour féliciter et encourager l'enfant dans son apprentissage.

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Lucie Hébert

Enseignante en première année dans une école de la Montérégie

Permettez-moi de prendre mon café du matin avec vous. L'année scolaire commence et c'est ma dernière rentrée. Je prendrai ma retraite, après 35 années à envoyer, dans le sac d'école de votre enfant, des devoirs et leçons qui auront sans doute réussi, certains soirs, à semer la zizanie.

Durant ma carrière, j'ai parfois été tentée de ne plus envoyer de sac du tout. Même si ce n'était pas généralisé, je trouvais plutôt lourd de gérer le devoir non fait, le devoir incomplet ou encore drôlement fait. À chaque fois, j'ai résisté à l'envie de bannir cette planification hebdomadaire de ma vie et j'ai continué d'en envoyer.

J'ai toujours considéré les parents de mes élèves comme des partenaires. À vrai dire, je me considérais plutôt comme une partenaire de passage dans la vie de leur enfant... une partenaire avec laquelle ils n'avaient pas trop le choix de collaborer, mais qui était à l'écoute des besoins et difficultés de leur enfant et pouvait ajuster ou modifier ses demandes si cela s'avérait nécessaire.

D'après moi, le temps des devoirs devrait être un moment privilégié pour observer, féliciter et encourager l'enfant. Apprendre des mots de vocabulaire, écrire des verbes, structurer une phrase... c'est un peu ça, aussi, grandir. Il faut en mettre des informations du genre dans notre tête pour être capable de jongler avec les mots et organiser notre pensée, pour comprendre les subtilités de la langue et être en mesure d'accéder plus aisément au monde.

Je suis consciente que le temps des devoirs ne doit pas s'éterniser et qu'il bouscule effrontément l'organisation familiale, mais, à mon avis, il pourrait se voir offrir une place privilégiée. Tout est souvent question d'accueil et d'attitude.

Je sais que vous courez et que ce n'est pas toujours facile, que famille, boulot et devoirs, c'est éreintant, mais je vais tenter de vous encourager en vous disant que plus on est occupé, plus on est efficace. Et si on éteignait notre Facebook, de 17h à 20h, pour avoir le coeur ouvert plus grand que le sac d'école?

Même si des études viennent, un jour, démontrer que les enfants peuvent réussir sans devoirs, je me plais à croire que le fil invisible qui lie le parent au sac d'école a un réel bienfait sur le lien tissé avec l'enfant et permet de lui signifier, quotidiennement, son intérêt. Car, autant, sinon plus que les devoirs, la réussite scolaire repose beaucoup sur l'intérêt que le parent portera à l'école. Puis, entre vous et moi, quand on enlève une tâche et qu'on laisse une case vide, il y a inévitablement quelque chose qui prend la place. L'enfant sera-t-il le grand gagnant?




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