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Bataille d'influence en Asie

Le mois dernier, lors d'une visite officielle à Séoul, le président chinois Xi... (Photo archives Agence France-Presse)

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Photo archives Agence France-Presse

Joseph Chung, Pierre Fortin

Professeurs de sciences économiques à l'UQAM

Le mois dernier, lors d'une visite officielle à Séoul, le président chinois Xi Jinping a critiqué la décision du premier ministre japonais Shinzo Abe d'étendre le rôle de l'armée japonaise, connue sous le nom de Forces d'autodéfense japonaises (FAD).

En vertu de la Constitution de 1946, l'armée japonaise est limitée à un rôle strictement défensif. Mais désormais, les FAD japonaises pourront participer à un conflit armé non seulement au Japon, si le pays est directement attaqué, mais également à l'étranger, si des citoyens japonais sont mis en danger par une attaque contre des forces alliées. Cette extension à l'étranger de la mission d'autodéfense des FAD se trouve à renforcer les forces navales amies sur lesquelles les Américains peuvent s'appuyer en Asie de l'Est.

Le principal instrument de la pénétration américaine dans la région est cependant de nature commerciale. C'est le Partenariat Trans-Pacifique (TPP). Le TPP est une communauté économique qui a pris son véritable essor en 2008 et qui réunit présentement 12 pays du bassin du Pacifique. Les principaux sont les États-Unis, le Japon, le Mexique, le Canada, l'Australie et la Malaisie.

Sous pression américaine, le TPP vise non seulement un libre-échange classique, mais l'imposition de nouvelles règles concernant la propriété intellectuelle, l'investissement, l'environnement, les normes du travail et les sociétés d'État.

Plusieurs membres ont des réticences, mais ils conservent l'intérêt au TPP en raison des avantages économiques espérés et de la sécurité que leur procurerait la présence des Américains.

La stratégie de Pékin

L'appui des FAD japonaises aux forces navales américaines et l'expansion du TPP, dominé par les Américains, n'ont rien pour rassurer les Chinois. Quelle stratégie de contrepoids ont-ils décidé de poursuivre en réaction ?

Une stratégie diversifiée, à plusieurs volets. Premièrement, la Chine a entamé des discussions avec le Japon et la Corée du Sud en vue d'une entente de libre-échange trilatérale. Il faut toutefois reconnaître que les conflits maritimes en cours entre les trois pays ralentissent les progrès de ces pourparlers.

Deuxièmement, la Chine a exprimé un certain intérêt à joindre le TPP lui-même. Pour l'instant, cependant, ni le président Obama ni le Congrès ne paraissent pas souhaiter voir un si gros joueur s'ajouter au TPP à ce stade avancé des négociations.

Troisièmement, la Chine s'active au sein du Partenariat économique régional global (RCEP). Il s'agit d'un projet de libre-échange qui a été lancé en 2012 par les dix membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), principalement l'Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, les Philippines et le Vietnam. En plus de la Chine, le RCEP implique également cinq autres pays de taille, soit l'Australie, la Corée du Sud, l'Inde, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Rien n'est assuré pour la Chine, mais l'absence des États-Unis de cette initiative régionale pourrait ici lui être favorable.

Quatrièmement, la Chine a récemment commencé à manifester de l'intérêt pour une idée plus englobante : une zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique (FTAAP). Cette zone regrouperait les 21 pays de l'Organisation de coopération économique de l'Asie-Pacifique (APEC). La plupart des membres du TPP, de l'ASEAN et du RCEP en feraient partie, de même que la Russie. Le risque, ici, est de « mal étreindre si on embrasse trop ». Plusieurs pays préfèrent, pour l'instant, concentrer leurs efforts sur les projets de portée plus modeste comme le TPP ou le RCEP.

Il est clair que la Chine explore présentement toutes les avenues possibles, bilatérales comme multilatérales. Force est de constater que, sous le nouveau président Xi Jinping, elle n'entend pas rester isolée. Le résultat de toutes ces initiatives est encore incertain. Mais au moins, quand on se parle, c'est une bonne nouvelle pour la paix mondiale.




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