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Les travailleurs sociaux, le foin et la charrette

Sans contexte économique favorable pour les entrepreneurs, l'argent... (Illustration La Presse)

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Sans contexte économique favorable pour les entrepreneurs, l'argent pour les prestations de bien-être social serait rare, soutient l'auteur.

Illustration La Presse

Gérald Daly

L'auteur réside à Montréal. Il réagit à l'article de Boucar Diouf, «Les intégristes de la croissance économique», paru samedi dans La Presse.

Attention Boucar, ton grand-père que j'admire autant que toi ne t'a-t-il jamais dit que «si tu veux savoir où tu t'en vas, il est bon de savoir d'où tu viens» ?

Il est vrai qu'au Québec de 2014, on peut encore se balader la nuit sans risque de se faire attaquer et nous en sommes tous, peut-être sans le savoir, très heureux. Tu ne peux pas te souvenir, mais au cours des années 1960, je demeurais dans ce qui est aujourd'hui le quartier de la «guenille», à Montréal et, en plus de se balader en toute sécurité comme l'apprécie beaucoup la maman latino dont tu parles, on ne barrait même jamais les portes. C'était la maison ouverte dont parle ton grand-père.

Tu pourras aussi dire à cette dame qu'à cette époque, le Québec était la province la plus riche du Canada, Montréal était la métropole du pays, et le siège social de la Banque de Montréal, maintenant BMO, était sur la rue Saint-Jacques à Montréal et non pas à Toronto.

Au cours des années 1970, sont venus les gouvernements de «travailleurs sociaux», qui ont fait un travail admirable pour protéger notre langue, nous donner la RAMQ, la SAAQ et plusieurs autres bénéfices sociaux qui nous distinguent maintenant de nos voisins du Sud et qui rendent probablement notre société moins violente et plus agréable à vivre.

Avec ces gouvernements de «travailleurs sociaux» sont aussi venues une intolérance à la langue anglaise, une radicalisation des lois du travail et une hausse de la taxation. Il y a donc eu des «dommages collatéraux»: les capitaux détenus par la communauté anglophone de Montréal ont émigré vers Toronto et avec eux la Banque de Montréal, la Banque Royale, la CIBC, et les grandes compagnies d'assurance. La Bourse de Montréal n'a plus que le nom et l'aéroport de Dorval est maintenant un aéroport régional.

Oui, mon cher Boucar, comme tu le proposes, un trio économique constitué de banquiers devrait être conseillé par des travailleurs sociaux, mais, comme disait ton grand-père lors de sa dernière visite à la SAQ: «la modération à bien meilleur goût». Il ne faudrait pas que les dommages collatéraux causés par l'idéologie des «travailleurs sociaux» nous appauvrissent au point de ne plus être en mesure de payer les prestations de bien-être social.

Mon grand-père disait: «Notre société est comme une charrette; il y a quelques chevaux devant qui tirent et une grande quantité de gens assis à l'intérieur qui se font promener. Si on cesse de nourrir les chevaux, on risque de les voir aller s'asseoir dans la charrette, ce qui pourrait mettre fin au voyage».

Alors, je suis d'accord pour conserver le maximum de bénéfices sociaux pour les gens qui sont dans la charrette, mais assurons-nous aussi de bien nourrir les chevaux que sont nos entrepreneurs. Le foin, dans cette histoire, étant un contexte économique favorable à l'investissement, soit moins de taxes, moins de réglementation, plus de main-d'oeuvre qualifiée, et peut-être un allègement de la charrette en faisant descendre quelques passagers trop confortablement assis.

P.-S. Mon grand-père désire transmettre ses meilleures salutations au tien.




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