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Une lumière au bout du tunnel

Les trottoirs des tunnels sous les chemins de... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Les trottoirs des tunnels sous les chemins de fer étant trop étroits pour les vélos, les cyclistes devraient pouvoir emprunter des passagers piétonniers au-dessus de ceux-ci, estime l'auteur.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Jean Décarie

L'auteur est urbaniste retraité de la Ville de Montréal, concepteur du Réseau Vert et membre actif du Collectif pour des passages à niveau sécuritaires.

Le drame de la semaine dernière, quand une cycliste est morte frappée par un camion dans le tunnel sous-ferroviaire de la rue Saint-Denis, a soulevé beaucoup de réactions et a même engagé maire et ministre pour trouver une solution à la cohabitation entre vélos et véhicules moteurs, mais aussi, en amont et en aval, entre trains et piétons.

Il faut d'abord distinguer la situation des cyclistes qui empruntent les artères principales, mais qui, pour éviter ces étroits entonnoirs, devraient pouvoir utiliser les trottoirs, quitte à descendre du vélo, ou mieux, à utiliser l'un des deux trottoirs que la Ville leur réserverait.

Les tunnels sont trop étroits pour des voies cyclables, sauf sur les rues à sens unique où l'on peut déplacer le flux automobile - Saint-Urbain et bientôt Saint-Laurent - à grands frais, cependant. Une autre solution, sans doute la plus simple et sécuritaire, serait de les diriger par un tournebride ou une voie parallèle, vers un passage piétonnier sur la voie ferrée, au-dessus du tunnel.

Cette solution, déjà proposée par la Ville il y a vingt ans (Plan directeur du réseau vert, 1994), reprise par un collectif de citoyens du Mile-End depuis plus de cinq ans contre les contraventions du Canadien Pacifique (CP) aux piétons traversant illégalement (propriété privée!) depuis toujours la voie ferrée entre des clôtures toujours retrouées, et finalement par la Ville en 2011, qui a refait l'étude, avérant la faisabilité et la sécurité de pareilles traverses, existantes partout et même ici.

Ces conclusions, soumises au CP, ont été rejetées par déni, ce qui a finalement mobilisé la Ville et plusieurs arrondissements pour s'adresser directement à l'Office des Transports du Canada, dont l'arbitrage est attendu bientôt.

Il faut bien voir que Mathilde Blais a bel et bien été heurtée en traversant une voie ferrée, pas dessus où elle aurait été mieux protégée, mais dessous, dans le vieux tunnel aménagé au début de l'ère automobile, bien avant l'arrivée du cyclisme. Il faut éviter de voir le débat dériver vers le seul aménagement des tunnels, ce qui est évidemment le souhait du CP! Oui pour les cyclistes artériels, mais pas au prix d'abandonner les nombreux passages «cyclopédiques» demandés pour relier les secteurs urbains résidentiels ou industriels, ou plutôt postindustriels, situés entre les grandes artères.

Ce n'est pas du tout la même problématique. Autant les cyclistes véhiculaires peuvent vouloir rester sur ces artères, autant les vernaculaires veulent pouvoir éviter les longs et désagréables détours par les tunnels automobiles dangereux et insalubres et traverser les rails pour aller en face, au travail, à l'école, chez des amis ou au métro du coin!




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