Un gouvernement courageux

Pauline Marois... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Pauline Marois

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Serge Auray

L'auteur habite dans le Canton de Hatley, en Estrie.

Je ne peux rester insensible au débat qui, depuis des semaines au Québec et au Canada, soulève des questions fondamentales pour notre avenir à tous. Comme une grande partie des Québécois, les questions de libertés, de droits, de valeurs, de démocratie, d'intégration et d'harmonie entre les différents peuples m'interpellent au plus haut point.

Lors d'un voyage, il y a plus de 30 ans, je me suis retrouvé sur la Place Tahrir en Égypte, grand pays arabe à majorité musulmane. Jeune homme de 19 ans à l'époque, j'ai rencontré plusieurs jeunes étudiants comme moi, dont un dénommé Ismaël, qui était particulièrement gentil, brillant... et musulman. Nous nous sommes liés d'amitié rapidement et avons discuté de nos valeurs, tout en passant de très bons moments ensemble.

En l'honneur de cet inconnu égyptien, devenu mon ami pour toujours, j'ai donné son prénom à mon fils lors de sa naissance en 1985. Ismaël est donc un blanc né ici, Québécois de souche, avec un prénom arabe et musulman. Mon fils représente bien sa génération, cette génération de Québécois de plus en plus métissés, ouverts à la rencontre de citoyens provenant de tous les coins de notre planète.

Cette génération qui pousse, comme mon ami égyptien, préfère le partage de grandes valeurs humanistes universelles qui rassemblent les gens, plutôt que l'engagement religieux.

Au fil des ans et des décennies, le Québec s'est enrichi et diversifié grâce à l'apport des nouveaux arrivants de toutes origines. Notre alimentation, nos restaurants, nos habitudes, nos choix de consommation de cinéma, de littérature, de vins, sont très différents d'il y a 30 ans.

Ghettoïsation

Malgré cela, depuis déjà plusieurs décennies, cet apport positif a également amené une ghettoïsation de plusieurs communautés, qui arrivent avec leur langue, leur culture, leur religion, dont certains courants intégristes viennent en collision directe avec les valeurs des Québécois.

À cet égard, la lettre publiée par «les Janettes», le groupe de femmes associées à Janette Bertrand, est très éloquente. La bataille acharnée des femmes pour obtenir l'égalité et sortir la religion catholique de nos institutions a été trop longue et difficile pour revenir 50 ans en arrière.

Les enjeux d'intégration des nouveaux arrivants sont multiples et majeurs au Québec. Malgré les trous béants faits par la Cour suprême du Canada, qui tranche toujours du côté du multiculturalisme et de la Charte canadienne des droits et libertés, la loi 101, adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque, aura contribué fortement à créer un sentiment d'appartenance et des balises claires pour l'intégration des nouveaux arrivants. Grâce à la Charte de la langue française, tous les enfants d'immigrants doivent étudier en français au primaire et au secondaire, sauf exception.

On doit être ouvert à une certaine liberté religieuse et en faveur de l'interculturalisme, mais à un certain moment, comme le disait l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin, l'État a le devoir de limiter les libertés individuelles pour garder un minimum de cohérence dans notre société.

L'État a le devoir de faire la bataille contre l'intégrisme religieux qui augmente sans cesse partout dans le monde et je salue le courage politique de la première ministre du Québec, Pauline Marois, et du ministre Bernard Drainville, dont le projet de Charte contribuera à mettre des balises claires pour l'intégration des Néo-Québécois.




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