Le vrai Fonds de solidarité

La nomination de Robert Parizeau à la présidence... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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La nomination de Robert Parizeau à la présidence du C.A. est vue par l'auteur comme un pas dans la bonne direction effectué par le président de la FTQ, Daniel Boyer.

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Bernard Landry

L'auteur a été premier ministre du Québec.

La majorité des Québécois, toutes tendances confondues, a été attristée par les turbulences, souvent davantage liées à l'image qu'à la réalité, qui ont secoué ce joyau socio-économique qu'est le Fonds de solidarité FTQ.

J'ai participé aux conversations entre René Lévesque et Louis Laberge quand ce formidable projet a vu le jour. Impliquer les travailleurs dans la gestion de leur fonds de retraite et, du même coup, les faire participer au développement de notre économie était une idée géniale née directement dans le monde syndical et avalisée par l'État. Répartir équitablement la richesse est la raison d'être des syndicats, mais contribuer activement à la créer, est un formidable exemple de responsabilité sociale. À tel point que l'on entend à travers le monde des commentaires admiratifs sur ce fleuron du modèle québécois. Même en Europe du Nord et chez des démocrates américains en particulier, des commentaires élogieux sont courants.

Cette belle institution n'a en rien été contaminée par la gestion financière scandaleuse qui a déshonoré aussi bien Wall Street que la City au cours des dernières années. En plus, les rendements ont été au rendez-vous, mieux que dans d'autres institutions qui ont connu de tristes dérapages. Le public le comprend bien, car, malgré tout ce que l'on a colporté, la collecte de fonds se poursuit plutôt bien. Il est vrai qu'en 2015, si le fédéral maintient son attaque frontale, elle pourrait être atténuée. Peut-on espérer qu'Ottawa répare cette incroyable bourde spécifiquement antiquébécoise?

Quoi qu'il en soit, à cause d'un comportement très minoritaire, voire marginal, de quelques personnages du monde syndical, la FTQ au complet a été affectée et le phénomène hautement médiatisé a occasionné des dommages collatéraux parfaitement injustes à certains dirigeants tout à fait honnêtes, touchés par les accusations par association, le plus souvent imméritées.

Un malheur peut parfois avoir des effets positifs. La FTQ, à la demande du gouvernement et sans délai, a posé les gestes requis pour améliorer la gouvernance du Fonds et ce fut fait d'une manière exemplaire. Avec courage, des dirigeants syndicaux ont agi comme il le fallait pour que même des apparences inacceptables ne se reproduisent plus. Ils ont mis de côté toute forme de corporatisme syndical ou autre. Ils ont agi rapidement en toute transparence et avec l'intérêt public en tête.

Leur geste tombe à point alors que des comportements beaucoup plus graves, dans le monde municipal en particulier, nous ont plongés dans une certaine mélancolie démocratique. Tous ceux qui ont des ménages à faire devraient s'inspirer de la rigueur de la FTQ.

D'autres fleurons de notre économie, que l'on pense à SNC-Lavalin, première firme mondiale de génie-conseil, ont été éclaboussés par des comportements beaucoup plus graves et parfois nettement criminels. Des milliers d'ingénieurs brillants et parfaitement honnêtes, sans compter les fondateurs intègres de la firme, ont été ternis sans avoir quoi que ce soit à se reprocher. Il est à souhaiter que la société dont le redressement est déjà bien en marche le réussisse aussi brillamment que le Fonds de solidarité. Le Québec a besoin de l'un et de l'autre pour une prospérité juste et honnête. Les deux ont fait notre honneur dans le passé et ont tout ce qu'il faut pour continuer.

Je veux terminer en mentionnant deux noms qui ressortent de toute cette affaire. Le premier en victime: Yvon Bolduc, un honnête homme au service des travailleurs et de l'économie depuis des années. Son indemnité de départ n'a rien à voir avec celles des financiers rapaces qui sont sortis scandaleusement enrichis de firmes qu'ils avaient ruinées. Monsieur Bolduc a souffert d'une atmosphère délétère qu'il n'a pas créée. Il ne mérite pas l'opprobre. Un dernier nom qui fait presque figure de souvenir à ce moment critique de gestion et de redressement: Robert Parizeau, il arrive à point nommé.

Souhaitons maintenant que tous les parlementaires à Québec donnent suite aux propositions de changements à la gouvernance proposés par le Fonds la semaine dernière. Elles ont l'avantage de moderniser la gouvernance du Fonds, tout en maintenant intact son lien avec le monde syndical.




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