La France a adopté une laïcité très «ferme» dans l'espace public. Pendant que l'Angleterre en arrache avec le multiculturalisme, l'Allemagne d'Angela Merkel a déclaré que ce dernier ne fonctionne pas. L'Australie sélectionne très sévèrement ses immigrants, désireuse de les voir se mouler aux coutumes du pays. Et l'on s'étonne qu'une majorité de Québécois appuie le projet de loi du gouvernement Marois sur les valeurs québécoises!

Francine Sanscartier

Oui, il y a sans doute agenda caché, calculs politiques et batailles juridiques en perspective. Mais au-delà de tout cela, pourquoi la «plèbe» se hérisse-t-elle alors que les bien-pensants, les politiquement et intellectuellement corrects crient littéralement au sacrilège? Parce que les gens ont peur, peur qu'à force de consentir toutes sortes d'accommodements plus ou moins raisonnables au nom de la religion, on en arrive à se renier. Se pourrait-il qu'il y ait là une vieille sagesse populaire et non ce que certains appellent tyrannie et intolérance? Pourquoi pas tout simplement un grand désir d'affirmer d'où nous venons comme société, qui nous sommes et où nous désirons aller dans le futur?

Nous ne sommes pas meilleurs que les autres groupes humains, mais nous sommes un peuple façonné par la pensée judéo-chrétienne. Ce sont là nos sources et nous avons bâti ce pays. Le respect s'impose. Dans l'ensemble, nous accueillons bien nos immigrants et faisons preuve de tolérance et de générosité. Et nous en sommes remerciés par leur remarquable contribution à la société d'ici.

Mais la communauté musulmane, puisqu'il faut la nommer, fait problème. Elle provoque littéralement un choc de société. Et certains jugements sont allés trop loin, notamment celui de la Cour suprême autorisant une femme voilée à témoigner en cour.

Lorsque nos élites font trop de compromis, au bénéfice d'une tradition religieuse et culturelle qui n'a pas évolué depuis le Moyen-Âge et qui heurte nos valeurs profondes, alors là, un rappel à l'ordre s'impose.

Comme société, nous avons dit non au pouvoir abusif de l'Église catholique. Ce n'est certainement pas pour accepter d'autres diktats religieux. Les signes religieux ostentatoires n'ont plus leur place dans une société qui a ainsi évolué. De plus, ces derniers apparaissent ou essentiels ou accessoires, question d'interprétation. Pourquoi alors se plier à la compréhension de chacun? La religion est une affaire individuelle, une réponse personnelle aux grandes questions existentielles, et c'est la doctrine que collectivement, comme peuple fondateur, nous voulons pratiquer. Oui, la liberté de religion existe, mais dans la sphère privée.

Le nouvel arrivant doit être informé et prêt à s'adapter à la vision du monde et aux rôles impartis à l'homme et la femme dans sa société d'adoption. Il devrait considérer comme un privilège le fait d'être reçu chez nous et s'adapter en conséquence. C'est là un faible prix à payer pour bénéficier de tous les services et privilèges qui lui sont offerts.

Le monde musulman se trouve actuellement dans une situation déplorable, littéralement à feu et à sang, démuni pour l'immense majorité. Emberlificotée dans une tradition culturelle et religieuse machiste, privée des talents de la moitié féminine de sa population assujettie, infantilisée sinon maltraitée, cette société s'est braquée, imperméable aux influences occidentales. Alors, quelle obligation avons-nous de respecter des demandes inspirées d'un autre âge et de tolérer des attitudes et des comportements qui viennent en contradiction avec nos choix de société?

En tant que femme, tous les jours, je me félicite d'être née du bon côté de l'univers. Mais j'ai peur que mes petites filles se voient un jour privées de la grande liberté et de tous les privilèges dont j'ai joui toute ma vie parce qu'une immigration toujours plus nombreuse et prosélyte aura modifié radicalement notre société. C'est au peuple d'accueil d'imposer sa vision et non l'inverse.