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Un plan, pas un rêve!

L'itinérance coûte cher à la société. En plus... (Photo d'archives)

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L'itinérance coûte cher à la société. En plus des refuges et des services qui leur sont consacrés, les personnes en situation d'itinérance sont de grands utilisateurs des systèmes de santé et judicaire.

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James McGregor

Urbaniste, l'auteur a occupé divers postes à la Ville de Montréal, dont la direction du Bureau Solidarité 5000 logements.

Aujourd'hui et demain se tiendra à Montréal une consultation sur invitation portant sur les orientations préliminaires de la politique en matière d'itinérance. On ne peut que saluer cette volonté d'élaborer cette politique tant attendue chez les organismes qui oeuvrent dans ce domaine. Tout citoyen du centre-ville constate l'urgence d'une véritable solution.

À sa lecture, l'énoncé de la politique ne semble rien apporter de nouveau. Les six axes d'intervention énoncés dans le document de consultation, tout comme les problèmes et les besoins locaux, sont connus au sein de la communauté depuis de nombreuses années. Il y a plus de 30 ans que l'itinérance occupe l'attention des responsables du secteur public et des organismes locaux! Avons-nous fait des progrès?

La nouvelle politique réussira-t-elle à mettre fin à l'itinérance? On ne peut qu'en douter. Onze ministères et organismes gouvernementaux sont mobilisés. Bon nombre se sont dotés de plans d'action, de stratégies, de tables et de comités pour diminuer l'itinérance. La Ville de Montréal et les organismes locaux ont consacré des sommes et des efforts importants à cette cause.

Malgré tous les efforts et les ressources consacrées à la question depuis de nombreuses années, on observe une augmentation des personnes sans logis, qui dorment dans les lieux publics et sur le plancher des refuges. Ce phénomène touche désormais aussi bien les hommes que les femmes, les jeunes que les personnes plus âgées qui, tous, éprouvent beaucoup de peine à sortir de cycle infernal de l'itinérance et de la précarité.

Visiblement, les interventions actuelles n'ont pas porté fruit. Pourtant, l'expertise sur le terrain est présente et le dévouement des organismes publics et communautaires est remarquable. Y a-t-il plus de sans-abri? Nous n'en savons rien, car le dernier recensement remonte à 1998! Les villes de Toronto et de Calgary le font régulièrement. Est-ce que les ressources sont bien déployées? Suffisantes? Comment mieux intervenir auprès de cette population?

Il est difficile de le savoir si nous ne disposons pas d'informations pertinentes, ignorons la recherche courante et ne remettons pas notre approche en question. Le document de consultation ne fait nullement référence aux dernières recherches canadiennes portant sur le sujet, dont la toute récente étude sur l'itinérance et la santé mentale (Chez soi) qui s'est étendue sur quatre ans (2009-2013), dans cinq villes canadiennes, dont Montréal. Grâce à cette étude, nous disposons de chiffres solides sur le coût et les conséquences de l'itinérance, et nous pouvons mesurer les bénéfices d'une approche qui a fait ses preuves.

Même si cette étude avait le grand tort d'être subventionnée par la Commission canadienne sur la santé mentale, il ne faut pas en nier les résultats, confirmés dans d'autres études canadiennes.

D'un point de vue économique, l'itinérance coûte cher à la société. En plus des refuges et des services qui leur sont consacrés, les personnes en situation d'itinérance sont de grands utilisateurs des systèmes de santé et judicaire. Des études démontrent que la société réalise des économies réelles lorsque tout est mis en oeuvre pour permettre aux gens de sortir de la rue grâce à un logis associé à des services de soutien et d'accompagnement.

Fort heureusement, on accorde dans le projet de politique un rôle central au logement et à la création d'équipes de suivi à domicile. Toutefois, ces deux composantes (logement et services) ne peuvent être livrées séparément, mais exigent une intégration complète pour réussir. Il s'agit ici d'un changement de paradigme important dont le document ne fait pas mention.

Il est temps, après plus de 30 années de tentatives de toutes sortes, de se questionner plus en profondeur. Comme le dit si bien l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance, il nous faut un plan, pas un rêve. Pour cela, il est impératif de partir de connaissances et de faits.

Nous convions les participants à la consultation à concevoir une politique, non pas en matière d'itinérance, mais qui a l'ambition d'y mettre fin.




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