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Le fléau des pancartes électorales

Au municipal, le volet publicité pour un candidat... (Photo: Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Au municipal, le volet publicité pour un candidat au poste de conseiller se résume encore en deux points: le porte-à-porte et les panneaux publicitaires.  Sur la photo, une pancarte du parti de l'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, aux élections de 2005.

Photo: Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

Robert Côté
L'auteur est un ancien conseiller municipal de Rosemont.

La Presse

On parle beaucoup ces jours-ci de plafonner à la baisse les dons aux partis politiques municipaux, partout au Québec. Or, si l'on réduit ces contributions, les organisateurs devront couper quelque part; c'est l'implacable loi des vases communicants. Et quel meilleur endroit pour couper que dans les panneaux électoraux qui, aux quatre ans, viennent décorer ou polluer, c'est selon, le paysage urbain, surtout à Montréal avec ses 104 postes d'élus qui seront à combler en 2013.

En 1994, policier retraité de Montréal, j'ai été élu conseiller municipal de Rosemont uniquement pour vivre l'expérience. À preuve, dès le lendemain de mon élection, j'ai indiqué à mon chef Pierre Bourque et à qui voulait bien l'entendre que je ne me représenterais pas à l'élection suivante, prévue en novembre 1998. Cette position bien établie me laissait toute la latitude voulue, car elle me soulageait d'avoir à naviguer en fonction de ma réélection, puisque c'est bien là la première préoccupation du vrai politicien carriériste.

Au municipal, le volet publicité pour un candidat au poste de conseiller se résume encore en deux points: le porte-à-porte - environ 7000 portes par district en 1994 - et les panneaux publicitaires que l'on appelait à tort des «panneaux de balcon», car dans les faits, bien peu de personnes, à part le candidat lui-même, sa famille et ses proches, acceptaient de garnir leur balcon de ces encombrantes pancartes, mesurant environ deux pieds par quatre pieds.

Ainsi, la presque totalité de ces coûteux panneaux se retrouvait haut perchée dans les poteaux électriques, quelques-uns échouaient sur des clôtures bien placées, sur des viaducs ou autres endroits stratégiques. Il fallait aussi éviter qu'ils ne soient trop facilement accessibles aux graffiteurs et tagueurs qui pourraient être tentés d'améliorer la physionomie du candidat...

Ainsi, durant l'été et l'automne 1994, avec deux campagnes électorales en parallèle, regroupant des centaines de candidats aux deux niveaux politiques, le paysage montréalais avait quelque chose de fantasmagorique, avec des milliers de pancartes multicolores et de qualité variable, installées partout où on pouvait trouver une place convenable dans l'espace public. Et c'était sans compter le coût de ces panneaux, qui constituait la dépense la plus importante de la campagne dans un district électoral.

Avec le recul, je me demande pourquoi on perpétue cette pratique aussi coûteuse que polluante. D'ailleurs, tout indique que cette tradition est exclusive au Québec, car si l'on voyage un peu, on ne voit ce phénomène nulle part ailleurs.

Ainsi, en Ontario et dans plusieurs États américains, on remarque surtout de petites affiches plantées dans les parterres des maisons privées ou les vitrines de certains commerces. D'autant plus que de nos jours, les journaux de quartier et, surtout, les médias sociaux peuvent devenir des compléments beaucoup plus efficaces et moins coûteux au porte-à-porte qui, lui, aura toujours sa place en politique municipale. C'est là le vrai moyen de tâter le pouls des électeurs et de se faire valoir auprès d'eux, sans pollution visuelle par surcroît.




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