Le Parti québécois annonce que, s'il est porté au pouvoir, il convoquera un sommet pour examiner la crise du financement universitaire et des droits de scolarité et pour mettre au point des solutions. Ces droits ne pourraient en aucun cas dépasser l'augmentation du coût de la vie.

Publié le 13 août 2012
Pierre-Gabriel Jobin
L'auteur est professeur émérite à l'Université McGill.
CYBERPRESSE

Le sommet serait composé de trois groupes: gouvernement, étudiants, et «société civile», c'est-à-dire patronat et syndicats. Il saute aux yeux que le PQ écarte les universités elles-mêmes. Elles seront pourtant au banc des accusés.

Depuis quand, dans notre société, un accusé est-il privé du droit de se défendre? Inviter les universités à témoigner devant ce sommet serait une fausse solution; leurs professeurs, chercheurs et administrateurs doivent au contraire en faire partie intégrante afin d'être au coeur de la réflexion et de la formulation des conclusions. Ce sommet serait amputé d'un élément essentiel.

Étudiants, syndicalistes, gens d'affaires, politiciens et fonctionnaires auraient beau jeu de casser du bois vert sur le dos des universités et de leur interdire de faire ceci ou cela, sans avoir une solide connaissance des problèmes réels et en ignorant les conséquences concrètes de leurs diktats.

Le Parti québécois fait preuve de mépris pour l'enseignement universitaire.

S'engager d'avance, sans connaître le fruit des travaux du sommet, à ne jamais permettre de hausse des droits de scolarité supérieure à l'inflation est totalement irresponsable. Sauf l'augmentation modeste des quatre dernières années, les droits sont les mêmes qu'il y a 15 ans. Personne, au PQ, n'a donc eu l'idée que les universités n'avaient peut-être pas tort de se plaindre de sous-financement?

Ce sommet serait de la démagogie aux dépens de la qualité de l'éducation.