Desjardins n'est plus une solution pour les régions, mais bien un problème. Ces « videurs de régions » sont à l'oeuvre partout au Québec. C'est à coup de dizaines d'emplois que Desjardins migre vers les villes.

Michel Bonneau<br><i>L'auteur est maire de Saint-Anselme de Bellechasse.</i> LA PRESSE

Un exemple récent : St-Anselme, dans la région Bellechasse. Environ 50 emplois seront transférés à Lévis d'ici fin 2012. Ce sont des emplois avec une plus-value et la perte de chacun d'eux est une catastrophe pour Bellechasse.

Les conséquences sont graves puisque chaque emploi représente une famille potentielle qui va quitter Bellechasse : perte de la vie économique de cette famille, perte des enfants pour nos écoles, etc.

Pour Desjardins, ce n'est que du déplacement de personnel. Pour les régions, ce sont des pertes d'emploi directes. De ce fait, l'expression «videurs de régions» est appropriée.

Combien d'emplois perdus pour nos régions? Sans compter tous les petits points de services fermés dans nos villages.

Desjardins n'est plus une vraie coopérative maintenant. Les petits épargnants sont traités en clients de second ordre et en régionaux sans importance. Desjardins se comporte maintenant comme une banque et, pour avoir la paix en région, on distribue les petites subventions prises à même les trop-perçus des épargnants. Ils sont de faux Robin des Bois : ils nous donnent d'un côté, mais ils nous volent (les jobs) de l'autre.

De plus, on achète à coup de milliers de dollars des pages de publicités dans les hebdos locaux et régionaux, du temps d'antenne sur les radios locales et régionales, ce qui a pour effet de neutraliser les éditoriaux. C'est donc presque le silence... Mais Desjardins, lui, l'applique pour tous les petits épargnants des régions qui, avec chaque dollar investi, ont fait de Desjardins ce qu'il est aujourd'hui.

Maintenant qu'ils ont notre argent, que l'on a été endoctrinés et achetés, ils foutent

le camp en ville avec les jobs et notre argent.

Les administrateurs locaux de Desjardins (membres du CA) approuvent ces comportements ou n'en comprennent pas les impacts dévastateurs. De plus, je crois que les gérants des caisses ont toujours un pouvoir d'influence sur ces derniers, comme jadis les curés en avaient sur nos vies. Ils disaient le détenir directement de Dieu, alors qu'il venait en réalité de Rome. Le pouvoir des gérants des caisses ne vient pas du CA, mais bien de la toute puissante Fédération.

Maintenant, c'est à nous tous de décider individuellement et en communauté des décisions à prendre pour punir ces « videurs de régions ». Partout en province,  gens des régions, réveillons-nous ! Seuls les épargnants, gens d'affaires, chambres de commerce (cessez d'inviter Mme Leroux et de l'applaudir, elle vide nos régions. Ouvrons les yeux! ) Élus municipaux, MRC, députés, peuvent punir Desjardins, jadis « populaire »...

L'Union des municipalités et la Fédération québécoise des municipalités sont trop occupées à gérer l'éthique et les grandes politiques provinciales toujours de plus en plus contraignantes pour le monde municipal en région, pour voir les vrais dossiers de fond qui tuent nos régions. Desjardins les achète eux aussi avec des commandites pour leurs grands congrès, avec un budget pris dans les « trop-perçus », soit dans les poches des petits déposants de la caisse « populaire ».

Pauvre Alphonse Desjardins, « Repose en paix » ne s'applique plus...

Ce texte a été écrit avec un stylo commandité par Desjardins. Et en terminant cette lettre, je le jette, car bientôt, c'est tout ce qui nous restera de Desjardins en région : des « articles promotionnels » pour nous inviter à aller les rencontrer hors de nos régions.