Cher M. Bouchard, je dois vous le dire: je n'ai jamais été souverainiste.

Mis à jour le 19 févr. 2010
Sophie Mottard<br><br><i>L'auteure est une chirurgienne-orthopédiste qui séjourne présentement à Birmingham, en Angleterre.</i> CYBERPRESSE

Je suis présentement avec mon conjoint en Angleterre pour une durée d'un an dans le but de réaliser une surspécialisation. Nous serons de retour au Québec en juin prochain; de retour à mon poste comme chirurgienne-orthopédiste à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Presqu'à tous les matins, nous nous tenons informés des nouvelles locales, et je me devais de répondre et de vous remercier pour votre sortie récente dans les médias.

Depuis notre arrivée en Angleterre, j'ai eu de multiples occasions de discuter du Québec avec des collègues ou amis européens. J'ai eu le plaisir de réaliser combien notre province possède une réputation enviable au niveau international. Que ce soit au niveau de la diffusion de notre culture, de notre expertise médicale, de notre esprit d'innovation, de notre attitude envers l'environnement et les technologies vertes.

Bref, comme vous l'avez si bien noté : il est grand temps que la nation québécoise réoriente sa vision chimérique de la souveraineté, qui ne fait que nous faire perdre temps et argent. Cette quête ne fait que nous éloigner des problèmes économiques pressants et du criant problème de la réorganisation des soins de santé.

Ce que vous avez déclaré tout haut, se dit à voix basse dans la majorité des foyers québécois. Ayant actuellement l'occasion de travailler au sein du système de santé anglais, j'ai eu l'occasion de côtoyer des médecins et infirmières impliqués dans l'organisation, le développement et le financement de ce système.

Le système anglais a ses failles, mais certaines solutions existent. On se doit de se mettre à la tâche et de consulter les travailleurs sur le terrain. Nous vivons actuellement dans un monde de mondialisation. Dans un monde où les frontières n'ont plus la même signification et où la globalisation est de mise. Nous avons toute l'expertise et la volonté nécessaire pour être une nation de tête.

Le Parti québécois a un défi de taille: réorienter notre but commun. D'un désir de faire de la nation québécoise une nation indépendante constitutionnellement, il devrait travailler à la revalorisation de son expertise. Nous avons toutes les qualités nécessaires pour être une nation d'avant-garde qui sait s'occuper de ses problèmes internes tout en valorisant l'innovation.

M. Bouchard, comme dit précédemment, je n'ai jamais été souverainiste et ne le serai jamais, mais si vous décidez de faire un retour en politique, pour la première fois de ma vie je vous dirai «Oui Chef!»