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GRATUIT!!! (mais ce n'était pas nécessaire)

«Il faut trouver de nouvelles sources de financement,... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Il faut trouver de nouvelles sources de financement, comme la tarification du transport routier», explique Paul Journet.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

GRATUIT!!! En cette ère de consumérisme, c'est devenu un des mots les plus érotisants de la langue française. Pour une campagne électorale, c'est aussi une promesse vendeuse. Hier, elle a même valu des applaudissements à Philippe Couillard.

De passage dans un cégep de Laval, le chef libéral s'est engagé à rendre les transports en commun gratuits pour les jeunes et les aînés. Mais était-ce vraiment nécessaire, ou même pertinent? 

Avec la gratuité, les libéraux visent deux objectifs : augmenter la fréquentation des transports collectifs et aider les gens moins fortunés. Ces deux objectifs sont importants, mais la gratuité n'est pas le meilleur moyen de les atteindre. 

Bien sûr, si le prix d'un laissez-passer diminue, la demande augmentera. Reste que ce n'est pas le principal facteur qui influence la demande.

C'est plutôt la qualité de l'offre (fréquence des autobus et métros, achalandage, durée de déplacement par rapport à la voiture). 

La gratuité ferait perdre environ 200 millions par année aux sociétés de transport, qui relèvent du municipal. Les libéraux les dédommageraient entièrement. Voilà autant d'argent qui ne servirait pas à améliorer l'offre. En fait, cela la dégraderait. 

L'hypothèse la plus plausible de la gratuité libérale est la suivante : une légère hausse du nombre de passagers, et donc des coûts de fonctionnement des sociétés de transport. Il y aurait ainsi moins d'argent par passager. La promesse de M. Couillard ne permettrait même pas de maintenir le financement actuel des services. 

Les libéraux invoquent un autre argument pour justifier leur promesse : l'aide aux gens moins fortunés. Mais là encore, la mesure est mal ciblée. Il est vrai que les étudiants et les aînés ont de façon générale moins d'argent. Mais il y a aussi des jeunes dont la famille n'a aucun problème à payer une carte d'autobus, et des aînés encore au travail qui prennent le métro pour gagner du temps. 

Il serait plus efficace d'offrir un rabais aux gens démunis, peu importe leur âge. En plus d'aider les étudiants et les aînés véritablement dans le besoin, on donnerait aussi un coup de pouce aux adultes qui en arrachent pour joindre les deux bouts. 

Ce mécanisme s'appelle la tarification sociale. La Communauté métropolitaine de Montréal complète justement une étude sur le sujet. Calgary, San Francisco et Paris, entre autres, le font déjà. 

Il est vrai que depuis 2014, Laval offre la gratuité aux aînés. La promesse de M. Couillard n'est donc pas fantasque. Mais il devrait laisser les villes prendre cette décision selon leurs profils respectifs d'usagers. 

Pour le reste, les libéraux n'ont qu'à continuer de mieux financer les transports en commun. En fin de mandat, ils ont donné un bel élan avec des projets comme le REM, la ligne bleue du métro et le tramway de Québec. 

*** 

En cette campagne électorale, M. Couillard a poussé un peu fort sur le clientélisme. Si les libéraux veulent baisser les tarifs sans affaiblir les services, ils doivent trouver de nouvelles sources de financement. Cela signifie de proposer une mesure aussi nécessaire qu'impopulaire : une véritable politique d'écofiscalité, qui tarifierait le transport routier, un petit pas à la fois. 

C'était d'ailleurs la seule faiblesse de leur ambitieuse politique de la mobilité durable dévoilée en mai dernier. Le plan, solide dans son ensemble, ne contenait toutefois que des mesures incitatives. Pourtant, l'approche de la carotte a montré ses limites. Même s'ils chialent contre le prix de l'essence, les Québécois achètent plus que jamais des gros véhicules. Ni la congestion ni la promotion des transports collectifs ne réussissent à les convaincre de moins conduire leur véhicule. 

Il faut donc trouver de nouvelles sources de financement, comme la tarification du transport routier. Or, si un parti sort le bâton, il risque d'être puni par le vote des automobilistes. 

Il est de bon ton de chialer contre nos politiciens. Mais avouons-le, le frein au changement ne vient pas toujours d'eux.

***

Le coût, pas la priorité

Qu'est-ce qui vous inciterait à prendre le transport collectif? La question a été posée l'année dernière à 1011 résidants de Laval et de la couronne nord. Seulement le quart des sondés a mentionné le tarif.

Temps de parcours : 39% 

Éviter la congestion : 31% 

Baisse du tarif : 25%




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