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L'étiquette devant la science

Il serait absurde de se battre contre le... (Photo Daniel Acker, archives Bloomberg)

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Il serait absurde de se battre contre le droit de savoir ce que l'on mange.

Photo Daniel Acker, archives Bloomberg

Le Vermont imposera l'année prochaine l'étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM. Et relancera ainsi ce débat chez nous.

Le petit État américain se transformera bientôt en champ de bataille. Le puissant lobby agroalimentaire poursuivra le Vermont pour tuer le mouvement d'étiquetage avant qu'il n'atteigne une masse critique en Amérique du Nord. En effet, d'autres États, comme le Maine et le Connecticut, ont déjà indiqué qu'ils iraient de l'avant s'ils ne sont pas seuls.

Québec refuse aussi d'exiger l'étiquetage tant que le reste du Canada et les États-Unis ne le font pas. Les produits d'ici seraient désavantagés à cause de cette étiquette peu alléchante. Il serait aussi compliqué de gérer le processus avec le fédéral, qui partage cette responsabilité.

La donne commence à changer. Le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis a déjà pris contact avec le Vermont, et c'est tant mieux. Québec doit se placer dans le premier wagon, à condition bien sûr que le train parte. Personne ne s'oppose au principe. Il serait absurde de se battre contre le droit de savoir ce que l'on mange.

Même l'Union des producteurs agricoles est réceptive. Elle veut seulement s'assurer que la transparence ne lui nuise pas économiquement. Selon les derniers chiffres disponibles, l'implantation de ce système coûterait environ 160 millions pour la production, la transformation et la distribution. La facture n'est pas si salée, et elle serait refilée de toute façon aux consommateurs.

Ce débat ne devrait toutefois pas en occulter un autre plus fondamental, celui du risque posé par la consommation d'OGM. Or, l'Organisation mondiale de la santé affirme qu'«aucun effet n'a été démontré sur la santé humaine». Même message de la conseillère scientifique de la Commission européenne et de l'Association américaine pour la science, qui a recensé 130 projets de recherche menés durant les 25 dernières années.

Pour prouver le risque de cancer, les sceptiques citent une étude du chercheur français Gilles-Éric Séralini, dont la méthodologie a pourtant été sévèrement dénoncée l'année dernière. Le Food and Chemical Toxicology l'a même retirée de ses pages. Selon nos informations, l'équipe de recherche s'apprêterait à publier de nouvelles données.

Certes, l'opposition aux OGM n'est pas seulement motivée par la santé. Il y a aussi des raisons environnementales (dissémination des produits modifiés) et économiques. L'industrie agroalimentaire est encore plus concentrée que celle de l'énergie. Une poignée de multinationales détiennent la majorité des brevets. Pour défendre une agriculture locale à petite échelle, des consommateurs peuvent légitimement vouloir acheter des produits biologiques. Ces produits sont par contre déjà identifiés par une étiquette.

L'étiquetage des OGM est praticable, comme le prouvent les nombreux pays qui le font depuis plusieurs années. C'est une question de choix, pour les consommateurs craintifs. Mais pour bien évaluer le risque, ils devraient se fier moins à leurs perceptions, et plus à la science. Jusqu'à preuve du contraire, elle est rassurante.




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