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Le louvoiement

Québec a trop longtemps louvoyé au sujet des écoles religieuses privées non conformes ou illégales.
La Presse rapportait cette semaine qu'une école privée hassidique d'Outremont reste ouverte, même si elle n'a plus de permis depuis 2012. Le Devoir révélait aussi hier que malgré un ultimatum lancé en 2009, cinq écoles juives orthodoxes subventionnées ont pu renouveler leur permis - pour une durée limitée, il est vrai -, même si elles ne respectent pas la loi.

On laisse le dossier pourrir à l'ombre, avec le risque que le procès se généralise à l'ensemble des écoles privées religieuses. Il faut pourtant rappeler qu'il ne s'agit pas toujours de lieux d'endoctrinement.

Le portrait est beaucoup plus nuancé. Il existe 138 écoles privées confessionnelles, dont la majorité sont subventionnées. Elles se divisent en trois catégories très différentes: celles (23) qui déclarent simplement appartenir à une confession, sans offrir d'enseignement religieux. Celles (34) qui offrent des cours religieux sur une base volontaire. Et enfin, celles (81) qui rendent ces cours obligatoires. L'enseignement religieux varie d'une école à l'autre. Il s'agit parfois simplement d'une heure par semaine. Voilà pour le portrait d'ensemble.

Certaines de ces écoles détiennent un permis, mais ne sont pas conformes (enseignants non certifiés, heures insuffisantes consacrées à la matière prescrite ou cursus déformé par les dogmes). À cela s'ajoute le problème des écoles qui fonctionnent sans permis, dans la clandestinité, ce qui les rend difficiles à trouver.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a promis cette semaine de sévir. Son approche pour les établissements sans permis est intéressante. Il aborderait la question à partir du droit des enfants. Pour trouver ces enfants qui échappent au système, il croiserait les données du Régime d'assurance-maladie avec celles de son ministère. Ensuite, pour les sortir de ces écoles, il n'exclut pas de modifier la loi sur la DPJ. En vertu de cette loi, il faut prouver que la non-fréquentation scolaire compromet le développement de l'enfant. Or, cette preuve est difficile à faire.

Quant aux écoles avec un permis, mais non conformes, M. Bolduc a raison de dire que le problème est complexe. Un rapport du Comité des affaires religieuses du Ministère rappelle que ce sont surtout les écoles plus jeunes et pauvres qui sont non conformes. Il ne faut pas aggraver le problème en les appauvrissant. Ni les pousser dans la clandestinité, et perdre encore plus le contrôle sur elles.

Mais Québec tend sa carotte depuis longtemps, et son bâton ne fait plus peur à personne. La complexité a déjà trop servi de prétexte à l'inaction. Si on continue d'éviter le problème, on provoquera un débat plus large sur les écoles privées religieuses et leur financement. Un débat dont on sait pourtant que le ministre ne veut pas.




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