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Au nom de Mme Casgrain

Pionnière du féminisme, Thérèse Casgrain a réussi à... (Archives La Presse)

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Pionnière du féminisme, Thérèse Casgrain a réussi à obtenir le droit de vote pour les Québécoises après 20 ans de lutte.

Archives La Presse

Si elle était toujours parmi nous, Thérèse Casgrain, qui était connue pour son aplomb au téléphone, appellerait sûrement le premier ministre Stephen Harper pour lui dire que de retirer le nom d'une femme d'un prestigieux prix et de faire disparaître le visage de cette même femme d'un billet de banque ne paraît pas très bien.

Pionnière du féminisme, celle qui a réussi à obtenir le droit de vote pour les femmes du Québec après 20 ans de lutte lui dirait sûrement aussi que les deux décisions - une prise par le ministère des Ressources humaines, l'autre par la Banque du Canada - sont un pas en arrière.

Dans le cas qui nous intéresse, ce sont son nom et son visage qui ont été oblitérés par le gouvernement fédéral. En 2010, sans trop faire de bruit, le gouvernement Harper a transformé le prix Thérèse-Casgrain du bénévolat en prix du premier ministre. En 2012, les portraits de Mme Casgrain et des «célèbres cinq» - qui ont fait reconnaître par la Cour suprême en 1929 que les femmes sont des personnes - ont été remplacés par un brise-glace sur le billet de 50$.

Au Canada anglais, ce dernier changement n'est pas passé inaperçu. L'auteure Margaret Atwood et l'actrice Kim Cattrall, connue pour son rôle de Samantha dans Sexe à New York, ont déploré le fait qu'aucune Canadienne n'apparaît sur la monnaie du pays. La reine est la seule à avoir ce privilège. Une pétition de 28 000 signatures a été envoyée à la Banque, qui n'a pas bronché.

Pourtant, en Angleterre, un nombre moindre de signatures qui dénonçait la disparition d'Elizabeth Frye sur la note de 5 livres sterling a incité la Banque d'Angleterre à dédier le billet de 10 livres à l'auteure Jane Austen. Le dirigeant des deux institutions au moment des controverses était le même, le Canadien Mark Carney, mais l'issue n'a malheureusement pas été la même.

L'exemple anglais démontre cependant qu'il n'est jamais trop tard pour rectifier le tir. Il y a encore beaucoup de rattrapage à faire à travers le pays pour que l'apport des femmes à l'histoire soit reconnu, notamment en gardant vivante la mémoire des plus illustres disparues.

En guise d'exemple, seulement 7% des noms donnés aux rues, aux parcs et aux endroits publics montréalais sont féminins, de l'aveu même de la Ville qui tente de corriger graduellement la situation.

Des efforts sont aussi déployés au niveau provincial pour reconnaître les grandes bâtisseuses. Depuis l'an dernier, le nouveau pont de l'autoroute 30 porte le nom de la syndicaliste et féministe Madeleine Parent. L'année précédente, une statue en l'honneur de quatre grandes Québécoises, dont Mme Casgrain, a été inaugurée devant l'Assemblée nationale. Deux premières fort bienvenues dans un paysage historique largement dominé par les figures masculines.

Ottawa aurait tout avantage à se mettre à la page. L'heure n'est pas venue d'effacer les femmes de l'histoire publique. Surtout quand ces dernières ont travaillé d'arrache-pied pour faire avancer l'égalité des sexes.




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