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La cité-région de Montréal

La maire de Montréal, Denis Coderre. La métropole a... (Photo Andre Pichette, archives La Presse)

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La maire de Montréal, Denis Coderre. La métropole a besoin des pouvoirs d'une grande agglomération urbaine, non pas d'une «cité-État».

Photo Andre Pichette, archives La Presse

En utilisant l'expression «cité-État», la semaine dernière, le duo Coderre-Labeaume a inutilement exagéré la portée de ses revendications, portant ainsi flanc à la critique. Plusieurs en ont profité pour brandir la menace d'une «désaffiliation», voire d'une «séparation» de Montréal.

Soyons sérieux! La métropole n'a pas besoin de la souveraineté d'une «cité-État» comme Singapour, mais simplement de la reconnaissance de son statut de «cité-région», une expression qu'aurait davantage intérêt à utiliser le maire Coderre.

Montréal, en effet, n'a pas autant besoin de prendre ses distances de la province que prendre sa place dans une économie qui fait la part belle aux agglomérations urbaines, qui s'appuie sur les relations qu'entretiennent toujours les nations, mais aussi, de plus en plus, les cités-régions.

Il s'agit certes d'une révolution par rapport à la tutelle gouvernementale actuelle, mais d'une simple évolution en regard des changements qui s'opèrent de par le monde. Des changements qui commandent un renforcement de Montréal comme cité ET comme région.

D'abord, la cité de Montréal a besoin d'une plus grande latitude administrative, fiscale et politique.

Il est aberrant que la Ville n'ait pas tellement plus de pouvoirs que Drummondville alors que ses responsabilités ne cessent d'augmenter. Tout comme il est absurde qu'elle tire encore aujourd'hui les deux tiers de ses revenus du foncier, alors que la part des services à la propriété diminue et que l'économie se dématérialise.

Si Montréal veut tirer son épingle du jeu, elle doit donc pouvoir compter sur une plus large palette de pouvoirs et de revenus.

Ensuite, la région a besoin, elle aussi, d'une plus grande marge de manoeuvre afin de renforcer la solidarité politique et la coopération économique du Grand-Montréal.

L'interdépendance des villes de la région est aujourd'hui si poussée qu'on ne peut plus parler de la métropole en se contentant d'évoquer l'île en son centre. La mobilité dans la région est plus grande que jamais. Les consommateurs se promènent des deux côtés des ponts. Malgré des corrections annuelles, les échanges migratoires demeurent nombreux entre la ville et la banlieue. La densification est un objectif dans plusieurs pôles des couronnes. Les enjeux urbains sont devenus suburbains (transport, aménagement, logement, etc.).

Bref, on ne peut plus penser la métropole comme une simple ville entourée de banlieues, mais bien comme une cité-région qui tire sa force de l'interdépendance entre la ville et ses banlieues. D'où l'importance de renforcer la gouvernance métropolitaine et la gouvernance montréalaise... au profit de l'ensemble de la province.

En osant demander un traitement privilégié aux côtés de la capitale, le maire et président de la région, Denis Coderre, lance un nécessaire débat dans l'arène politique. Un débat qu'il aurait intérêt à faire porter sur les pouvoirs de la métropole, non pas sur son indépendance.




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