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Les révolutionnaires

Les maires Coderre et Labeaume demandent rien de... (Photo Patrice Laroche, Le Soleil)

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Les maires Coderre et Labeaume demandent rien de moins qu'un bouleversement des rapports entre l'État et leurs villes. Ils sont accompagnés d'Éric Forest, président de l'Union des municipalités du Québec.

Photo Patrice Laroche, Le Soleil

Denis Coderre a parfois l'enflure verbale facile. Mais hier, il a plutôt pêché par excès d'euphémisme...

Main dans la main avec Régis Labeaume, le maire a demandé aux partis provinciaux de s'engager à négocier «un nouveau pacte» avec Montréal et Québec. Un pacte qui, dans les faits, ressemble davantage à une réforme, voire à une révolution dans les rapports qu'entretient l'État avec ses deux principales villes.

Dans le communiqué diffusé hier, il est vrai, l'axe Coderre-Labeaume ne demande rien de bien extravagant. Que les projets de loi en attente soient adoptés. Que la responsabilité et les budgets des centres locaux de développement soient transférés aux villes. Que les maires soient partie prenante des décisions concernant les autoroutes qui les traversent.

Il y a bien la demande d'un siège au conseil d'administration d'Hydro-Québec qui pourrait en faire sourciller certains, mais encore là, des maires y ont déjà eu leur place.

Par contre, quand on parcourt le document de réflexion de Montréal et Québec, quand on approfondit les intentions de MM. Coderre et Labeaume, on saisit davantage le caractère révolutionnaire de leur visée: sortir la métropole et la capitale de la torpeur archaïque dans laquelle elles sont maintenues depuis trop longtemps.

Le gouvernement a beau leur servir du «partenaire» quand cela l'arrange, dans les faits, il les maintient dans une tutelle-sans-le-nom, ce qui est encore plus flagrant avec la métropole que la capitale: les décisions sont prises à Québec, l'argent est à Québec, mais les besoins sont à Montréal, pour reprendre une formule connue...

Quand le gouvernement s'attaque au financement des universités, c'est Montréal qui ramasse les vitres cassées. Quand le gouvernement réduit les budgets du CUSM, c'est Montréal qui se retrouve avec un problème d'accès au métro. Quand le gouvernement se traîne les pieds dans le dossier des régimes de retraite, c'est Montréal qui doit éponger.

Et pourtant, la Ville n'a pas les pouvoirs de dire ou de faire quoi que ce soit, pas plus qu'elle n'a l'argent nécessaire pour honorer toutes les responsabilités qui se sont ajoutées au giron métropolitain au fil du temps.

«Créature» de la province, la métropole vit en effet toujours sur le bon vieux modèle fiscal britannique et tire ainsi la majorité de ses revenus des taxes foncières (67%)... même si les services à la propriété ne sont plus qu'une tâche parmi tant d'autres.

Les partis provinciaux seront peut-être tentés d'analyser une par une les demandes du duo Coderre-Labeaume, mais ils doivent absolument éviter de leur répondre à la pièce comme ils l'ont toujours fait: ils doivent s'engager non plus à resserrer une vis ici et là, mais à repenser complètement le rôle, la gouvernance, l'autonomie politique et fiscale de Montréal et Québec.

La province est mûre pour «un pacte métropole-capitale», a lancé hier le maire Coderre. Elle doit plancher sur un «brand new deal», a renchéri le maire Labeaume. Il ne leur manquait qu'un poing en l'air...




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