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Montréal a perdu son pari

Le BIXI montréalais a été inauguré en 2009.... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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Le BIXI montréalais a été inauguré en 2009.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

La Ville de Montréal a pris un pari avec le BIXI, et elle l'a perdu.

Lorsqu'elle a décidé d'implanter un service de vélos en libre-service dans la métropole il y a sept ans, l'administration Tremblay aurait pu choisir le scénario simple: ajouter un maillon au réseau de transport en commun sous la gouverne de la STM.

Elle aurait ainsi doté la métropole d'un réseau de BIXI qui serait aujourd'hui loin de la faillite grâce à l'apport financier des Montréalais, qui auraient eu à éponger le déficit d'opération du service, comme ils le font pour l'ensemble du réseau de transport collectif (et comme cela se fait dans la plupart des autres villes qui ont acquis le BIXI).

Mais le maire Gérald Tremblay a choisi une autre voie, plus risquée, celle de l'autofinancement. C'était une grave erreur, on le voit aujourd'hui. Mais elle semblait prometteuse à l'époque: concevoir un service de vélo unique et exportable, dont les ventes à l'étranger serviraient à récupérer les coûts de développement et financer le réseau local.

En soi, l'idée n'avait rien de farfelu. Elle avait même quelque chose de visionnaire, comme en témoigne son immense popularité. Le BIXI roule dans 15 villes à travers le monde, dont New York et Londres.

Mais voilà, le pari était risqué comme l'est n'importe quelle aventure commerciale. Un risque qui a tourné au cauchemar après de très mauvaises décisions d'affaires. Un risque qui était donc, forcément, trop grand pour une municipalité qui pensait simplement s'en tirer avec un prêt de 37 millions remboursé en dix ans.

En amont, donc, l'erreur aura été d'entraîner la Ville sur le terrain commercial, mais en aval, elle aura été de confier la tâche à une équipe de direction qui n'était clairement pas à la hauteur. Une équipe qui, par son incompétence, a prouvé que les municipalités n'ont pas leur place sur le marché commercial.

Le BIXI était certes opaque. Sa structure était bancale. Mais ce qui a forcé BIXI à se placer sous la protection de la Loi sur la faillite, c'est plutôt la décision de produire à l'interne un logiciel de gestion en lieu et place de la solution de 8D Technologies, utilisée au départ.

Un différend majeur entre ces deux entités a en effet incité BIXI à tourner le dos à 8D, en 2012, puis à développer un logiciel de remplacement. Une grave erreur qui s'est soldée par des défaillances et des retards de livraison dans plusieurs villes.

Cela a incité New York et Chicago à retenir près de 6 millions, ce qui a mis une pression insoutenable sur les liquidités de BIXI, l'empêchant de payer ses mensualités à la Ville, qui a rappelé son prêt, acculant BIXI au pied du mur...

Déjà grand, le risque devenait intenable. Le maire Coderre n'avait d'autre choix que de forcer l'organisme à se protéger de ses créanciers, sécurisant ainsi les actifs du volet montréalais et forçant la vente du volet international.

Et maintenant? Espérons qu'il n'est pas trop tard pour revenir à la case départ, avec une solution simple et sans risque cette fois, celle d'une intégration du BIXI montréalais au réseau de transport collectif.




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