Il y a quelques années encore, le Parc olympique était un éléphant blanc qui n'intéressait plus personne. Certains proposaient même sa démolition, solution drastique qu'on brandit trop souvent avec désinvolture à Montréal.

Puis mine de rien, les responsables des lieux ont été remplacés par plus dynamiques, plusieurs initiatives ont vu le jour, l'Espace pour la vie s'est développé, de nouveaux équipements se sont greffés au Parc olympique et un plan à long terme a été élaboré à la suite de consultations.

Clairement, un vent de renouveau souffle dans l'est de la métropole. Un vent si fort que certaines des plus prospères familles du Québec sont maintenant prêtes à investir des millions pour donner un nouvel élan aux installations olympiques et à l'Espace pour la vie, révélait le collègue Philippe Cantin, lundi.

L'avenir du Stade est donc prometteur, plus qu'il ne l'a jamais été depuis le départ des Expos... à condition qu'on y ajoute un toit permanent. Amovible au mieux, mais fixe s'il le faut.

C'est ce qu'exigent les philanthropes prêts à s'impliquer. Et c'est ce que recommandait l'excellent rapport Bissonnette.

Montréal a la chance de posséder une oeuvre d'ingénierie et d'architecture unique, un témoin d'un moment charnière de son histoire. On ne devrait pas perdre une seconde à songer à sa destruction, surtout maintenant que l'hypothèque est payée.

Au contraire, il faut tout faire pour mettre en valeur ce symbole de la métropole, pour donner enfin des projets d'avenir à cet attrait aussi important, vu de l'étranger, que le Canadien et la ville souterraine. Or il est clair que ces projets d'avenir ne peuvent voir le jour qu'avec un toit capable de protéger le bâtiment à l'année, fixe si cela permet d'abaisser les coûts et de faire passer la pilule.

Une simulation conservatrice des firmes KPMG et SECOR permet, à partir de la seule liste des événements qui se sont déjà tenus au Stade, de croire qu'un toit pourrait faire grimper le nombre de jours où se tiennent des événements de 136 à 211 par année. Si on ajoute à cela quelques grands événements ponctuels et compétitions sportives, on a là un potentiel intéressant à exploiter, surtout si la toiture améliorait l'acoustique.

C'est d'ailleurs ce qu'a fait Amsterdam, avec succès. Comme Montréal, elle ne savait que faire de son vieux stade olympique trop grand, déserté par l'équipe de sport locale (l'Ajax). Après avoir sérieusement songé à la démolition, le conseil municipal a été contraint de reculer en raison d'une mobilisation populaire. Puis il a choisi de revitaliser le bâtiment il y a une dizaine d'années, un choix devenu réussite grâce à l'ajout d'un... toit rétractable.

On s'entend, la construction des équipements olympiques à Montréal n'avait rien de durable à l'époque. Mais la seule façon, aujourd'hui, de transformer ce problème en occasion est de doter le Stade d'un toit permanent, clé de voûte d'un redéveloppement du Parc olympique et de ses environs.