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Le Plateau en exemple

Le maire Ferrandez montre les limites d'une centralisation... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Le maire Ferrandez montre les limites d'une centralisation à outrance des pouvoirs à la ville centre.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

Le Plateau Mont-Royal est souvent cité comme un exemple éloquent du dysfonctionnement de la métropole. On évoque cette «baronnie» et son «roitelet» pour démontrer à quel point il est important de centraliser les pouvoirs à la ville centre et ainsi donner plus de cohérence à Montréal.

Et si, au contraire, le Plateau nous montrait les limites de cette centralisation à outrance que plusieurs réclament...

Depuis quelques jours, en effet, le maire Luc Ferrandez a annoncé une série d'initiatives originales qui confirment que la métropole n'est pas qu'une île constituée de quartiers sans âme ni personnalité qu'on peut simplement uniformiser.

Par son action, au contraire, il montre que la force de Montréal réside dans la singularité de ses composantes. Rosemont ne ressemble pas à Outremont, qui est différente d'Ahuntsic, qui est distincte de Saint-Henri... autant d'éléments qui façonnent la précieuse mosaïque montréalaise.

Voilà ce que met en valeur le Plateau... quand il se met en valeur. Voilà ce qui est célébré quand l'arrondissement parsème son territoire de pianos offerts aux passants, qu'il implante un réseau d'autos électriques en libre-service ou qu'il choisit de protéger un espace vert sauvage comme le Champ des Possibles.

Encore plus éloquente est cette entente conclue avec les hassidiques, dont parlait Rima Elkouri mardi. Une entente qui permet à ces derniers d'obtenir un changement de zonage en échange de la préservation d'ateliers d'artistes et qui montre ce dont est capable une administration de proximité lorsqu'elle pilote un projet... de proximité.

Oui, mais la ville étouffe, rétorque-t-on. Elle est surgouvernée et dysfonctionnelle. Et donc, il faut réduire le nombre d'élus et d'arrondissements afin que la métropole cesse d'être ralentie par ces derniers. Pour régler une situation extrême, on propose donc... une solution extrême, sans d'ailleurs citer les preuves de ces blocages dont se seraient rendus coupables les arrondissements (la STM a nié que le Plateau bloquait une voie réservée, le SRB Pie-IX n'est pas plombé par Villeray, etc.).

Y a-t-il trop de compétences locales qui devraient revenir à la ville centre afin d'optimiser la gestion des opérations? Certainement. Les appels d'offres devraient être centralisés, de même que le déneigement. On pourrait regrouper les cours de voirie pour desservir plusieurs arrondissements, de même que l'embauche des cols bleus et blancs.

Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. N'enlevons pas aux arrondissements ce qui leur permet de préserver leurs particularités. Les directeurs d'arrondissement doivent être choisis localement, par exemple. La réglementation d'urbanisme doit demeurer en arrondissement, tout comme la gestion des rues locales.

En fait, l'important est d'éviter le «tout ou rien». Celui-là même qui nous a fait ballotter entre fusion (centralisation) et défusion (décentralisation). Un juste milieu est possible. Évitons de faire de l'île, une seule ville uniforme.




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