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La tentation populiste...

Denis Coderre au lancement de sa campagne à... (Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

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Denis Coderre au lancement de sa campagne à la mairie de Montréal.

Photo Paul Chiasson, La Presse Canadienne

Denis Coderre se voit davantage en «chef d'orchestre» qu'en «sauveur» de la métropole. Et c'est tant mieux, car le sondage CROP-La Presse dévoilé mercredi montre qu'il n'est pas vu comme tel par les Montréalais non plus.

Certes, le député fédéral jouit d'une avance (33%) sur ses rivaux, Richard Bergeron (18%) et Louise Harel (15%). Mais l'ensemble des résultats de l'enquête montre qu'il n'y a pas d'emballement pour Denis Coderre, la plupart des répondants avouant qu'ils «pourraient changer d'avis» d'ici novembre.

L'approche que M. Coderre privilégiera dans les prochains mois sera donc cruciale pour la suite des choses. Voudra-t-il rassembler? Ou plutôt se faufiler en semant la discorde?

Impossible, pour l'instant, de savoir de quel côté penchera M. Coderre. L'annonce de sa candidature, hier, a en effet montré un homme qui hésite encore, qui veut être tout et son contraire, qui promet une chose et l'inverse.

Il s'engage par exemple à «respecter, consulter et tenir compte de l'opinion» des Montréalais, mais il soutient vouloir mettre fin à «la thérapie de groupe, au sommet et aux forums». Il ne veut pas de parti politique, mais se présente avec une «équipe» qui devra faire preuve de «solidarité». Il affirme ne pas avoir l'intention de «faire une élection sur les structures», mais demande à la population de lui donner le mandat de réévaluer la gouvernance une fois élu.

Mais surtout, il se pose en «rassembleur»... tout en jouant le «diviseur».

D'un côté, en effet, il se présente avec des coprésidents de campagne des deux familles politiques, Anie Samson (libérale) et Pierre Bélanger (péquiste). Il entend faire le pont entre francophones, anglophones et allophones.

Et il fait montre d'une rafraîchissante ouverture en saluant le travail des 29 000 employés de la Ville (contrairement à Régis Labeaume), en félicitant ses adversaires pour leur dévouement (contrairement à Rob Ford), en présentant sa formation comme un «pôle de ralliement» (contrairement à Stephen Harper).

Mais d'un autre côté, manifestement, il est tenté par le populisme des Labeaume, Ford et Harper. Il joue la carte du «gars de la base» qui se bat contre l'establishment des «médias traditionnels». Il déclare sans nuances que «les partis politiques» sont «en bonne partie responsables» de la corruption et de la collusion. Et il ouvre la porte à un nouveau clivage entre les arrondissements du centre et les anciennes villes de banlieue, comme l'a fait Union Montréal avant lui.

«Personne n'ose en parler, écrit-il dans sa déclaration, mais nous avons présentement deux Montréal, il y a la ville centre et il y a les 19 arrondissements et certains d'entre eux se comportent souvent comme des villes à part entière sans se soucier de la réalité des autres. Je ne m'adresse pas ici nécessairement aux anciennes villes de banlieue.»

Or l'heure n'est pas aux chicanes ou à la polarisation, mais bien à l'apaisement, au rassemblement, à la consolidation de Montréal. Ce que prouve d'ailleurs l'impressionnant appui que reçoivent l'administration de coalition et son maire, Michael Applebaum, dans le sondage CROP.

Si Denis Coderre entend montrer qu'il a Montréal à coeur et surtout, qu'il la comprend, il doit miser sur la carte du rassemblement, qu'il a manifestement dans son jeu. Voilà ce que ferait un véritable chef d'orchestre.




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