Le réflexe quand il y a panne dans le métro est de blâmer la STM et ses voitures désuètes. Puis de se dire que si Montréal était une «vraie» métropole, son réseau de transport ne s'arrêterait pas à tout bout de champ...

Or les chiffres contestent une telle réaction, aussi compréhensible soit-elle lorsqu'on est coincé dans une voiture immobile. Non seulement les pépins mécaniques ne sont-ils pas plus nombreux dans le métro de Montréal, mais ce dernier fait en outre très bonne figure sur le plan international.

La Presse révélait mardi que les rames du métro se sont immobilisées presque 1000 fois l'an dernier, un chiffre qui paraît certes élevé, mais qui dissimule un portrait beaucoup moins noir qu'il n'y paraît.

D'abord, les pannes. Elles sont en augmentation en nombre absolu, soit. Entre 2008 et 2011, elles sont passées de 896 à 980. Par contre, cette hausse ne s'inscrit dans aucune tendance claire: on monte et on descend au gré des années. Mieux, la durée moyenne des arrêts de service est en constante régression depuis 2008, étant passée de 13 à 10,9 minutes.

On est donc loin de la paralysie évoquée. D'autant que chaque année, le métro roule sur des distances plus grandes. Et que le kilométrage parcouru par les voitures entre deux visites au garage ne cesse d'augmenter. S'il y a un indicateur fiable, d'ailleurs, c'est celui-là.

Ensuite, les responsables. Il est facile de jeter la pierre sur les vieilles voitures du métro qui roulent depuis plus de 30 ans. On les imagine briser à la moindre secousse... alors qu'elles ne sont responsables que du quart des interruptions de service de plus de 5 minutes. En outre, elles n'entrent pas plus souvent au garage qu'en 2008... même si elles servent beaucoup plus chaque jour!

La grande majorité des pannes sont plutôt dues aux interventions médicales, aux portes bloquées par les usagers et aux objets échappés sur la voie. Ajoutons à cela les récents dynamitages effectués au CHUM qui obligent chaque fois la STM à interrompre la ligne jaune.

Enfin, la comparaison. Quiconque emprunte le métro dans une autre ville sans rencontrer de pépin s'interroge aussitôt sur la fiabilité du réseau de Montréal. Mais une comparaison internationale effectuée par le réputé Imperial College London conclut plutôt l'inverse.

Bien qu'il possède l'un des plus vieux équipements roulant au monde, Montréal compte en effet moins de pannes de plus de 5 minutes que la plupart des 28 grandes villes examinées. En 2011, on dénombrait 24,6 interruptions par million de kilomètres parcourus dans l'ensemble des métropoles, plus de 48 en moyenne pour les grandes villes comme New York, Londres et Paris... mais à peine 12,7 à Montréal!

On peut certes se désoler qu'il y ait eu l'an dernier un peu plus de pannes que d'ordinaire, mais dans un contexte où l'on demande à notre bon vieux métro des années 1960 de parcourir des distances toujours plus grandes, on peut surtout se consoler de le voir aussi bien rouler.