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Donner avant d'enlever

En ville sans ma voiture, à Montréal, en... (Photo: Alain Roberge, Archives La Presse)

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En ville sans ma voiture, à Montréal, en 2010.

Photo: Alain Roberge, Archives La Presse

En ville sans ma voiture? Beaucoup en rêvent, mais ils se heurtent à un réseau de transports en commun déjà à pleine capacité.

Prenez les banlieusards du Nord qui traversent l'île. Ils ont le choix de s'entasser: a) dans un stationnement incitatif pour prendre l'un des rares départs en train, b) dans le métro où ils devront laisser passer quelques rames pleines, c) dans l'autobus lui-même coincé dans la congestion, d) directement dans le bouchon, mais dans le confort de leur auto.

À votre avis, ils font quoi?

On peut bien tenir une 9e présentation d'En ville sans ma voiture, comme on le fait cette semaine dans l'indifférence, on peut bien multiplier les mesures de contrôle de la circulation, comme le fait le Plateau dans la controverse, mais sans une amélioration parallèle des transports en commun, le premier continuera à manquer de pertinence et le second, de légitimité.

Les deux actions sont différentes. Dans un cas, on ferme des tronçons du centre-ville le temps d'une journée (demain), dans l'autre, on revoie le sens des rues afin de décourager la circulation de transit. Mais l'objectif est le même: faire réfléchir les navetteurs afin qu'ils revoient leurs habitudes.

Or l'automobiliste de bon vouloir qui se tourne vers les options qui s'offrent à lui ne voit, malgré quelques récents ajustements, que des trains, rames, stationnements et autobus pleins. Peut-on lui en vouloir de choisir de patienter au chaud dans sa voiture, le siège baissé et la radio allumée?

Il faut pourtant que les habitudes changent, que les déplacements de transit soient canalisés dans les artères, que les quartiers résidentiels et les zones scolaires soient plus sécuritaires. Mais cela exige tact et doigté afin que les changements proposés ne se limitent pas à un coup de Jarnac qu'aucun autre maire ne voudra imiter...

Une règle simple devrait guider les élus afin qu'ils s'assurent d'un minimum d'acceptabilité sociale (un concept qui s'applique aussi aux écolos): donner avant d'enlever.

Il faudrait en effet accroître la capacité ou l'efficacité d'une ligne de transports collectifs avant d'ériger des obstacles dans le même axe. Et pas besoin d'attendre les nouvelles voitures de métro en 2014: des sas pour autobus ou une multiplication des priorités aux feux de circulation peuvent suffire.

On ne fait certainement pas avancer la cause en bloquant une voie comme Christophe-Colomb sans rien offrir en échange. Au contraire, on enrage les automobilistes qui ne peuvent faire autrement que de patienter sur Papineau... et on enrage les usagers de l'autobus qui ne peut plus avancer en raison du trafic additionnel! Il aurait été si simple d'attendre quelques mois de plus, le temps d'implanter une voie réservée, comme on a l'intention de le faire.

Voilà en quoi les mesures du maire Ferrandez, plus que nécessaires, ont été précipitées. Et voilà en quoi l'événement En ville sans ma voiture manque de pertinence. Le bâton a certes ses mérites, mais il n'est efficace qu'en compagnie de la carotte.




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