Les embouteillages des derniers jours ne sont qu'un «exercice de feu», une répétition en vue de ce qui attend les automobilistes à Montréal... Les travaux de réfection et les grands chantiers risquent en effet de transformer la région en un énorme bouchon pour des années encore.

François Cardinal LA PRESSE

Les embouteillages des derniers jours ne sont qu'un «exercice de feu», une répétition en vue de ce qui attend les automobilistes à Montréal... Les travaux de réfection et les grands chantiers risquent en effet de transformer la région en un énorme bouchon pour des années encore.

Et pourtant, la circulation prévue autour des prochains concerts de U2 semble mieux planifiée que l'ensemble des travaux à venir dans le Grand Montréal...

Le branle-bas de combat qui a suivi le lancement des réfections d'urgence sur le pont Mercier, cette semaine, a en effet jeté une lumière crue sur l'improvisation avec laquelle les chantiers sont coordonnés dans la métropole. On y va au plus pressant, se jetant en catastrophe sur les cas les plus critiques, comme on l'a fait pour Turcot, Ville-Marie et Champlain ces derniers mois, plutôt que de suivre un plan de match, dont personne n'a encore vu la couleur.

Parallèlement, Montréal multiplie les chantiers de réfection sur son territoire, le provincial superpose les siens là où il a autorité et le fédéral en fait autant pour entretenir les sept ponts, tunnel et autoroutes qu'il doit absolument retaper au cours des prochaines années.

C'est cette désolante sédimentation qui explique la grogne des maires de la Communauté métropolitaine de Montréal, qui ont demandé jeudi à Québec et Ottawa de «convoquer un comité d'urgence» afin de planifier les travaux et les mesures de mitigation à venir.

«Les citoyens ont l'impression que personne ne se parle», a fait remarquer la mairesse de Longueuil. «Il n'y a pas de pilote à bord», a renchéri son confrère de Brossard.

Avec raison. Le ministère des Transports du Québec ne joue tout simplement pas le rôle qui lui incombe. Principal bailleur de fonds des projets d'infrastructures, il a le devoir d'élaborer un échéancier précis des chantiers à venir, de prévoir une séquence de travaux acceptables pour les automobilistes et de tenir les maires au courant.

Il est assez évocateur que la mairesse de Longueuil, une ville vers laquelle bien du trafic s'est rabattu ces derniers jours, ait appris la fermeture du pont Mercier dans les médias...

Québec aurait donc intérêt à mettre sur pied un tel comité, à réunir le fédéral, les élus et les organisations de transport afin que tous soient informés des travaux projetés, qu'ils y présentent leurs propres chantiers et qu'ils soient en réseau en cas d'opérations d'urgence.

Il n'est pas question de donner aux 82 maires de la région un droit de cité sur les décisions, ce qui aurait pour effet de paralyser les travaux en plus de la circulation, mais simplement de les tenir au courant, afin qu'un nécessaire travail de coordination se fasse.

Dans sa résolution, la CMM précise que tout cela est nécessaire pour désengorger le réseau routier qui sera entravé d'une façon importante pour «plusieurs mois encore». Une belle façon de redonner espoir aux automobilistes, qui risquent plutôt de patienter derrière leur volant pour des années encore...

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