Il y aura bientôt 30 ans, Terre des Hommes mettait un terme à ses activités et plongeait, du coup, les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame dans une profonde crise d'identité dont elles ne se sont jamais relevées.

Il y aura bientôt 30 ans, Terre des Hommes mettait un terme à ses activités et plongeait, du coup, les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame dans une profonde crise d'identité dont elles ne se sont jamais relevées.

Depuis 1981, depuis l'effervescence des folles années qui ont suivi Expo 67, durant lesquelles on a aménagé le bassin olympique, pavé le circuit Gilles-Villeneuve et fait pousser les Floralies, on cherche en effet une vocation à ce parc urbain auquel le mont Royal a toujours fait ombrage.

Il y a bien eu, au tournant des années 90, une vaste réflexion en vue du 350e de Montréal, une réflexion qui a permis l'adoption d'un plan de développement. Mais celui-ci aura servi le temps d'aménager une plage, après quoi il a été déposé sur une tablette, où il accumule la poussière depuis plus de 15 ans...

Voilà pourquoi on semble gérer le site à la petite semaine, pourquoi les îles sont dans un état de décrépitude inquiétant, pourquoi on peut y chasser les cyclistes du jour au lendemain, pourquoi les événements les plus hétéroclites s'y déroulent sans aucun respect pour la vocation du parc.

Mais justement, quelle est-elle, la vocation de ce vaste espace vert? Entre les jeux de hasard, les courses automobiles, l'ennuyant musée sur l'environnement et les spectacles de death metal, on cherche en effet une raison d'être, un fil conducteur, une pertinence.

Le constat est tout à fait désolant. Montréal jouit, à cinq minutes du centre-ville, de deux îles baignant dans le fleuve, des îles qui regorgent d'une histoire remontant au début des années 1600... et il ne sait qu'en faire!

Depuis Terre des Hommes, le parc ressemble en effet à un vaste terrain vague en attente d'événements ponctuels qui ne mettent nullement les îles en valeur.

Même le gestionnaire des lieux, la Société du parc Jean-Drapeau, le reconnaît dans un récent document officiel: «Le site apparaît toujours comme un lieu multiforme sans véritable ossature.»

La bonne nouvelle, c'est que la Ville, ces dernières années, semble s'être rappelé l'existence du site. Après une bonne décennie de vaches maigres, elle a recommencé à investir en vue de sa restauration. Le complexe aquatique a connu une transformation majeure. Et l'édifice Hélène de Champlain subit actuellement une nécessaire cure de jeunesse.

Tant mieux. Cela est de bon augure pour les festivités de 2017, alors qu'on commémorera simultanément le 375e anniversaire de Montréal, le 50e d'Expo 67 et le 150e de la Confédération.

On ne peut en effet que se réjouir de ce regain d'intérêt de la Ville, qui se confirme avec la nomination de Normand Legault à la tête de la Société du Parc. Reste maintenant à voir si cet homme respecté saura redonner aux îles une vocation usurpée, en partie, par le Grand Prix du Canada.

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