En dénonçant le laxisme des commissions scolaires, le dernier rapport du vérificateur général confirme malheureusement les préjugés que nourrit une bonne partie de la population à l'égard de ces petits gouvernements, manifestement laissés à eux-mêmes.

En dénonçant le laxisme des commissions scolaires, le dernier rapport du vérificateur général confirme malheureusement les préjugés que nourrit une bonne partie de la population à l'égard de ces petits gouvernements, manifestement laissés à eux-mêmes.

Il renforce aussi le scepticisme, maintes fois exprimé depuis le dernier budget provincial, des contribuables qui doutent de la capacité du gouvernement de réduire ses dépenses.

En effet, l'équipe de Renaud Lachance démontre non seulement que les commissions scolaires n'ont qu'une connaissance relative des méthodes modernes de bonne gestion, elle met aussi en lumière l'indifférence du ministère de l'Éducation devant un tel constat.

Au coeur du problème: les frais d'administration des 72 commissions, qui s'élèvent à 560 millions de dollars. Le vérificateur révèle une grande disparité de ces dépenses d'une commission à l'autre. L'une paye 1000$ pour ses «communications», une autre 6000$. L'une débourse 27$ pour 1000 photocopies, une autre 33$. Et ainsi de suite.

Mis bout à bout, ces écarts font une grande différence, de telle sorte que le coût des activités administratives, par élève, peut s'élever à 290$ dans une commission et 1948$ dans une autre.

On rétorque que les commissions sont fort différentes les unes des autres, qu'elles ne desservent pas le même nombre d'élèves, qu'elles sont parfois éloignées. Soit. Mais en quoi cela justifie-t-il un tel écart entre les coûts de services de base comme la photocopie?

Cela n'a rien d'anecdotique quand on constate que les commissions ne font que peu d'efforts pour réduire leurs frais. Pas question, sauf exception, de mettre des services en commun, de procéder à des achats regroupés, de partager les meilleures pratiques.

Y a-t-il un comptable dans la salle? On se le demande quand on constate que Renaud Lachance a eu beau chercher des preuves d'une volonté de bien gérer les fonds publics, il n'en a pas trouvé. Aucun des procès-verbaux examinés ne fait état d'une discussion sur l'efficience de la gestion. Aucun plan stratégique n'a d'objectif de nature financière.

Cela, dans un contexte où le principal bailleur de fonds des commissions est «pratiquement inactif», selon le vérificateur. Le ministère ignore si les fonds attribués correspondent aux besoins des commissions, ou même s'ils sont utilisés dans le respect des pratiques de bonne gestion.

Plutôt que de prendre acte de cet accablant constat, la Fédération des commissions scolaires accuse Renaud Lachance de sombres desseins. «Laisser croire» à une mauvaise gestion, «volontairement ou par méconnaissance», alimente le discours en faveur de la privatisation des services publics, rétorque-t-elle.

Franchement ! Au moment où les effectifs scolaires chutent au même rythme que la participation aux élections scolaires, la Fédération aurait davantage intérêt à faire son ménage qu'à accuser le vérificateur de fomenter des complots.

La reddition de compte ne concerne pas que le secteur privé.