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1% de quoi?

Certains employeurs trouvent moins compliqué d'envoyer un chèque... (Photo Thinkstock)

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Certains employeurs trouvent moins compliqué d'envoyer un chèque que de faire reconnaître leurs dépenses en formation.

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Faut-il abolir le fameux 1% à la formation, comme le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec l'a évoqué cette semaine? Comme souvent au Québec, on ne sait pas grand-chose de l'efficacité du programme. Il est temps d'y voir.

Le Regroupement a lancé l'idée lors de son passage devant la Commission de révision permanente des programmes. Le débat peut paraître un peu hors sujet, puisque le but du Comité est d'identifier des sources d'économies pour l'État. Or, Québec n'a rien à gagner à sabrer ce programme. Au contraire, il se priverait de près de 30 millions de dollars par an de cotisations.

Le système, en effet, repose entièrement sur les employeurs dont la masse salariale atteint un million de dollars. Ceux-ci doivent investir au moins de 1% de ladite masse en formations reconnues par l'État, ou verser une somme équivalente à Revenu Québec. On parle de quelque 16 000 employeurs représentant près de 100 milliards de dollars de masse salariale. Il est donc légitime de s'interroger l'utilité de la chose.

C'est d'autant plus pertinent que le Québec traîne de la patte. Nous avons la plus faible proportion de travailleurs ayant fait des études ou suivi une formation liée à l'emploi dans l'année. Et les PME de Terre-Neuve sont les seules à dépenser moins que les nôtres en formation par employé. Ce sont des chiffres de 2008, mais, dans une étude publiée hier par le Forum canadien sur l'apprentissage, le Québec arrive encore en queue de peloton. Nos entreprises ont moins tendance à considérer que leurs employés de métiers ont besoin d'améliorer leurs compétences.

***

Un changement de culture s'impose, c'est évident. Ce qui l'est moins, c'est la contribution du 1% à cet objectif. Les employeurs ayant une masse salariale de 250 000$ à un million ont été libérés de cette obligation en 2004. Résultat? Un simple transfert, a constaté le professeur Benoît Dostie, de HEC Montréal. Les employeurs se sont mis à financer plus de formation à l'interne, et moins de formations admissibles au 1%.

Est-ce que les formations reconnues par Québec sont plus utiles? Ça reste à prouver. Par contre, elles font vivre bien du monde. Le nombre d'organismes formateurs agréés n'a cessé d'augmenter. Ils sont maintenant plus de 2400, sans compter les formations pour formateurs. Attendez-vous à de hauts cris si jamais on parle sérieusement d'abolir le 1%.

On sait aussi que certains employeurs trouvent moins compliqué d'envoyer un chèque que de faire reconnaître leurs dépenses en formation. Entre ceux qui investissent sans le déclarer et ceux qui déclarent des investissements qu'ils auraient faits de toute façon, on n'a aucune idée du nombre d'employeurs et d'employés pour qui l'obligation du 1% fait réellement une différence.

Le Regroupement ne réclame pas l'abolition pure et simple, mais un réexamen du programme. Il est temps. La dernière évaluation de la loi du 1% date de 2005. Elle portait sur des chiffres de 2002.




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