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La santé par le portefeuille

On peut argumenter sur la nécessité de certaines... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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On peut argumenter sur la nécessité de certaines dépenses de santé, mais dans bien des cas, ce n'est pas du luxe.

Photo André Pichette, archives La Presse

Les Canadiens dépensent de plus en plus pour se soigner au privé. Une tendance qui pèse lourd sur le budget des moins riches, montre une analyse de Statistique Canada.

Combien faut-il dépenser pour se tenir en santé? Il y a une part de subjectivité là-dedans, car le montant augmente avec le revenu. La dépense moyenne des ménages les plus riches (2964$) est presque trois fois plus élevée que celle des moins nantis (1030$), montrent les chiffres publiés hier.

L'augmentation est toutefois plus marquée chez les ménages modestes, avec un bond de 63% entre 1997 et 2009. Le choc est moindre pour les plus riches (+48%) et les classes intermédiaires (36% à 40%).

Ces frais non couverts par le système public pèsent aussi davantage sur le budget des moins nantis. Ils représentent 5,7% de leur revenu après impôt, deux fois plus que chez les plus riches (2,6%).

Il se peut que ces dépenses augmentent parce que les Canadiens trouvent de plus en plus important d'investir dans leur santé. Ce serait une bonne nouvelle. Mais peut-être est-ce aussi parce qu'ils n'ont pas accès aux services dans le système public. Il faut alors se demander si les malades reçoivent les soins de santé dont ils ont besoin, ou seulement ceux qu'ils peuvent se payer. «Des études ont montré que les frais de soins de santé non remboursés représentent pour certains Canadiens, surtout ceux ayant un faible revenu, un fardeau financier qui entraîne parfois une diminution de l'utilisation des services», note Statistique Canada.

On peut argumenter sur la nécessité de certaines dépenses de santé (des montures de lunettes griffées, certains médicaments en vente libre), mais dans bien des cas, ce n'est pas du luxe. Un test d'imagerie médicale pour obtenir enfin un diagnostic? Des traitements de physiothérapie pour pouvoir reprendre ses activités ou de réduire sa consommation de médicaments? Que des malades doivent aller au privé pour obtenir de tels services est assez dérangeant.

Ce l'est encore plus au Québec où, comme le soulignait récemment le professeur Jacques Nantel (HEC Montréal) dans nos pages, les dépenses de soins de santé privées sont très élevées. Elles ont atteint 2520$ par ménage en 2012. C'est 10% de plus que la moyenne canadienne et davantage que n'importe quelle autre province, sauf la Colombie-Britannique.

Un montant, en particulier, retient l'attention: celui consacré aux médecins généralistes et spécialistes. Les ménages québécois ont dépensé 44$ en moyenne pour de telles consultations en 2012. Le chiffre est petit, car il ne concerne encore qu'une minorité de la population. N'empêche, il est 33% plus élevé que la moyenne canadienne (33$).

Devoir payer des services de base de sa poche alors qu'on finance déjà un régime public à grands frais est désastreux pour le portefeuille, et dangereux pour les malades qui n'en ont pas les moyens. Une tendance insidieuse qui nous rappelle à quel point notre système de santé a besoin d'une cure de rajeunissement.




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