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Repousser la retraite

Une grande partie des salariés qui quittent leur... (Photothèque Le Soleil)

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Une grande partie des salariés qui quittent leur emploi dans la cinquantaine et la jeune soixantaine continuent d'avoir un travail rémunéré, montre une vaste enquête publiée par Statistique Canada cette semaine.

Photothèque Le Soleil

Une grande partie des salariés qui quittent leur emploi dans la cinquantaine et la jeune soixantaine continuent d'avoir un travail rémunéré, montre une vaste enquête publiée par Statistique Canada cette semaine.

Où se termine une carrière et où commence la retraite? La frontière est de plus en plus floue. L'étude porte sur quelque 280 000 salariés canadiens ayant laissé un emploi qu'ils occupaient depuis au moins 12 ans, et ce, alors qu'ils avaient entre 50 ans et 64 ans. Dans les 10 années suivant leur départ, les deux tiers ont occupé un emploi rémunéré, à titre de salarié ou de travailleur autonome, durant au moins un an.

Dans certains cas, il peut s'agir d'un simple changement d'employeur. En particulier chez ceux qui ont laissé leur boulot entre 50 et 54 ans, puisque 81% sont restés sur le marché du travail. Mais beaucoup de ceux qui sont partis à l'âge habituel de la retraite, entre 60 et 64 ans, ont fait de même. Près de la moitié (44%) ont repris des activités rémunérées. On est bien loin de la fameuse «Liberté 55».

Et la tendance ne date pas d'hier, puisque l'étude porte sur des salariés ayant quitté leur poste entre 1994 et 2000. Mais avec les trous que la crise de 2008 a laissés dans les bas de laine des travailleurs, le virage s'est sans doute poursuivi, sinon accentué. Une réalité qui remet en question plusieurs de nos idées reçues à propos du marché du travail.

Ainsi, la grave pénurie de main-d'oeuvre qu'on nous annonce depuis des années pourrait se révéler nettement moins brutale que prévu, si les départs à la retraite continuent à s'étaler dans le temps de la sorte.

***

L'idée que les travailleurs mis à pied ne puissent pas se replacer après un certain âge ne semble pas tenir la route non plus. Dans les faits, 67% des hommes et 58% des femmes de 50 à 64 ans qui ont perdu leur emploi durant la période étudiée étaient de retour sur le marché du travail un an plus tard. L'étude ne précise pas si les salaires et les titres répondaient aux attentes, mais elle nous montre qu'il y a de la place pour eux.

On constate aussi que la décision de reprendre un emploi traditionnel ou d'être à son compte répond à des dynamiques différentes. La majorité des travailleurs qui sont redevenus salariés l'ont fait dans les deux années après avoir quitté leur emploi. La popularité du travail autonome se manifeste beaucoup plus tard.

La plupart des gens qui se retirent complètement du marché du travail dans la cinquantaine le font parce que leur emploi et leur situation financière le leur permettent, et non parce qu'ils sont usés ou dépassés par la tâche. Qu'ils choisissent de retarder leur retraite et de mettre leur expérience au service d'autres employeurs ou d'autres clients est plutôt une bonne nouvelle pour ces organisations.

Il serait toutefois intéressant de mesurer les effets de ce prolongement de la vie active sur la santé et la longévité des travailleurs en question.




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