Les téléphones sans fil sont de plus en plus ciblés par les voleurs. Les fournisseurs de services cellulaires doivent faire leur part pour rendre ces appareils moins attrayants.

Ils sont compacts, faciles à prendre et valent des centaines de dollars. Pas étonnant que les sans fil, en particulier les appareils dits intelligents, soient devenus des cibles de choix pour les malfaiteurs, qui n'hésitent pas à frapper leurs victimes pour se les approprier.

Les fournisseurs de services comme Bell, Rogers ou TELUS ne sont évidemment pas responsables de ces larcins. Sauf qu'ils facilitent drôlement la vie de leurs auteurs. Les criminels et ceux qui leur rachètent ces appareils n'ont aucune difficulté à les faire activer au Canada. Tout un incitatif au vol!

Les abonnés doivent faire leur part, en ne laissant pas leur téléphone sans surveillance dans un lieu public et en le verrouillant avec un mot de passe. Mais surtout, il faut que ces appareils deviennent moins intéressants pour les voleurs. Et pour cela, la collaboration des fournisseurs de services est indispensable.

Malheureusement, l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS) souffle le chaud et le froid dans ce dossier. Des discussions très positives ont eu lieu avec les forces de l'ordre et une annonce devrait être faite bientôt, nous assure l'organisme.

Ses échanges avec les autorités fédérales sont loin d'être aussi enthousiastes. Même dans les pays qui ont pris des mesures préventives, ce fléau demeure très présent, plaide l'ACTS dans une lettre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Aucun pays n'a réussi à éliminer le vol de cellulaires, c'est vrai. Mais certains, comme la Grande-Bretagne et l'Australie, se sont dotés d'un registre des appareils volés pour empêcher qu'ils puissent resservir à l'intérieur de leurs frontières. C'est un minimum.

Le système est simple. Le registre sert à vérifier le numéro d'identification unique (IEMI) d'un téléphone usagé. Lorsque celui-ci a été déclaré volé, les fournisseurs de services refusent de l'activer.

Les receleurs peuvent toujours fourguer l'appareil dans un autre pays, mais au moins, on leur coupe l'herbe sous le pied dans le marché local. Ce serait déjà un net progrès pour le Canada, où les cellulaires volés se vendent comme des petits pains chauds.

Les fournisseurs ne devraient pas ignorer ni faciliter le recel d'appareils dérobés à leurs propres clients, souvent de façon brutale. Ni profiter indirectement de ces crimes, en vendant de nouveaux téléphones aux abonnés victimes de vol et en fournissant des services aux acheteurs d'appareils volés.

Il est grand temps qu'ils se dissocient de ce trafic et empêchent les détenteurs d'appareils volés d'utiliser leurs réseaux.