L'espérance de vie continue d'augmenter, nous apprend l'institut de la statistique du Québec. Une bonne nouvelle dont on ne se lasse pas... et un défi qu'on tarde à relever.

L'espérance de vie continue d'augmenter, nous apprend l'institut de la statistique du Québec. Une bonne nouvelle dont on ne se lasse pas... et un défi qu'on tarde à relever.

La durée de vie moyenne est maintenant de 81,7 ans au Québec. Regardez autour de vous: le quatrième âge est une banalité. Pourtant, c'est toute une révolution. Au début des années 20, l'espérance de vie à la naissance était presque 30 ans plus courte. En moins d'un siècle, notre longévité s'est améliorée de plus de 55%. Voilà qui change sérieusement les perspectives.

Pourtant, on tarde à s'ajuster. On trouve rassurant d'avoir du temps devant soi, mais on parle du vieillissement de la population en termes apocalyptiques. Comme si la somme de ces bonnes nouvelles individuelles nous condamnait au désastre collectif.

Effectivement, si on continue de faire comme si de rien n'était, on risque de frapper un mur. Mais qui a dit que c'était la seule attitude possible?

Si on est pour vivre vieux, faisons-le en santé. La médecine et la pharmacologie pourront y contribuer, à condition d'en faire un meilleur usage. L'augmentation considérable des coûts de santé impose une discipline. Si on veut un système à la fine pointe qui réponde présent quand on en a vraiment besoin, il faut arrêter de le surcharger inutilement. Arrêter de confier aux médecins, les professionnels les plus rares et les plus coûteux, des tâches qui pourraient être accomplies par d'autres. Ou de réclamer des médicaments pour des conditions qui pourraient se résorber en modifiant certaines habitudes de vie.

La santé, c'est aussi la responsabilité des employeurs, qui doivent mettre en place des conditions de travail sécuritaires et ne favorisant pas le développement de maladies chroniques. Et des décideurs, qui doivent mieux tenir compte du fardeau que leurs décisions pourraient imposer au système de santé - sur des questions de pollution ou de transport, par exemple.

Notre culture du travail aussi est mise à rude épreuve. Notre conception carcérale d'une sentence à purger le plus rapidement possible empêche toute discussion sensée sur l'âge de la retraite. L'équation est pourtant claire. Plus d'années à vivre = plus d'années à la charge des régimes de retraite. Surtout au Québec, où l'on réclame son «chèque de pension» à 60 ans en moyenne. Ça ne pourra pas durer éternellement.

Beaucoup de travailleurs seraient prêts à rester si on leur donnait des tâches intéressantes et de la flexibilité. Encore faut-il que les employeurs aient un peu de vision. Ceux qui ne regardent que leur masse salariale privilégieront toujours des employés moins expérimentés et plus malléables.

Nous ne sommes pas les seuls aux prises avec un défi démographique. Les pays émergents dominés par une population jeune, mais sans emploi ont un autre beau problème. Chacun doit trouver des façons de s'adapter à ces situations nouvelles. L'humanité n'a pas d'autre secret de longévité.