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Le mirage du livre à prix unique

Les débats, comme les chats, ont plusieurs vies. Celui sur l'imposition d'un prix unique sur les livres, qu'on aurait pu croire mort et enterré il y a 10 ans, est en train de renaître. Une idée simple, mais pas convaincante.

L'initiative vient cette fois de l'Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française. L'ADELF veut favoriser «le maintien d'un réseau de librairies diversifié et dense» - en particulier des petits commerces, ici et en région.

 

Les grandes surfaces comme Costco et Wal-Mart, qui proposent des rabais importants sur une sélection limitée de meilleurs vendeurs, sont dans la ligne de mire. Les obliger à vendre au même prix que tout le monde saperait leur avantage concurrentiel, c'est évident. Ce qui l'est moins, c'est que les ventes qu'ils perdraient iraient aux petites librairies.

D'abord parce qu'une partie des articles qui passent aux caisses de Costco, y compris des livres, sont le fruit d'achats spontanés. Ces ventes-là seraient tout simplement perdues pour les éditeurs. Ensuite, parce que beaucoup de clients se tourneraient plutôt vers les grandes chaînes ou les sites de vente en ligne comme Renaud-Bray, Archambault ou Amazon. Pour les petits commerces qu'on prétend aider en réglementant le prix de vente au détail, le gain net s'annonce assez mince.

On cite souvent l'exemple de la France, où une telle loi est appliquée depuis 1981. Au dernier bilan, l'an dernier, toute l'industrie et le gouvernement s'en félicitaient. Ce qui n'empêche pas de petites librairies indépendantes d'être dans une situation extrêmement précaire.

L'industrie québécoise a réclamé le prix unique en 2000, dans la foulée du rapport Larose. Les consultations des prochaines semaines nous diront si cette belle unanimité tient toujours. Il faut aussi tenir compte d'un autre maillon, le dernier de la chaîne, mais non le moindre: le client. À en juger par les réactions sur notre blogue, Québec peut s'attendre à une levée de boucliers si jamais il accueille une telle mesure. Et pas seulement de la part des consommateurs qui achètent des best-sellers dans les grandes surfaces. La ministre de la Culture, Agnès Maltais, a rejeté ce carcan il y a 10 ans, espérons que la ministre St-Pierre ne cèdera pas à ce mirage.

Ce qui ne veut pas dire abandonner les petits commerçants à leur sort. D'autres propositions de l'ADELF, dont la création d'un programme de soutien aux librairies agréées, méritent d'être étudiées. On se demande d'ailleurs pourquoi les libraires qui ont obtenu cet agrément ne font pas automatiquement partie des fournisseurs des bibliothèques municipales. Finalement, on aimerait entendre les principaux intéressés. Leur réalité diffère de celle des chaînes, et elle n'est pas la même à Montréal qu'en région. Il serait important qu'ils expriment leur point de vue et fassent part de leurs suggestions, au lieu de toujours servir de prétexte aux débats du reste de l'industrie.

 




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