Pendant trois ans, Simon Lamarre a glissé son téléphone sous les jupes d’adolescentes. Il a suivi certaines d’entre elles jusqu’à la piscine pour filmer leur entrejambe.

Publié le 1er déc. 2021

Mais aujourd’hui, il est dans l’« intérêt public » que cet homme soit exempt de casier judiciaire, nous dit sans rire le juge Jean-Jacques Gagné. C’est que, voyez-vous, M. Lamarre possède un doctorat. Il fait des recherches. Il ne faudrait quand même pas « neutraliser le savoir de l’accusé » et en priver la société. Le juge lui a donc accordé l’absolution.

Cette décision est aussi étonnante que choquante.

Il est normal qu’on prenne en compte l’impact d’un casier judiciaire sur la vie d’un accusé quand on détermine une sentence. Mais dire que c’est la société qui bénéficie de cette absolution et non Simon Lamarre lui-même, c’est pousser le bouchon très loin. Le ministre de l’Éducation a en quelque sorte infirmé la décision en retirant le brevet d’enseignant de Simon Lamarre.

Les propos du juge donnent la désagréable impression que M. Lamarre a obtenu la virginité de son casier judiciaire avec son doctorat. Et ils ouvrent la porte à une justice basée sur le statut social d’un accusé, alors que son « utilité » à la société est évaluée de façon subjective par un juge. Le plus ironique ? Les recherches de Simon Lamarre portent sur la présence des hommes en enseignement. Disons que l’ex-prof n’aura rien fait pour la favoriser.

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