N’y ont-ils pas assez goûté, nos ados ? 

Alexandre Sirois
Alexandre Sirois La Presse

La moindre des choses qu’on puisse faire, alors que la situation épidémiologique s’améliore rapidement et que la date de leurs bals des finissants et des cérémonies de remise des diplômes approche à grands pas, ce serait de prévoir des accommodements.

Ils ont besoin d’une tape dans le dos, pas d’un nouvel obstacle à franchir.

Et les récentes directives émises par la Santé publique au sujet des activités pour les finissants nous font penser à de nouvelles barrières, installées à quelques mètres de la ligne d’arrivée, alors que les coureurs sont tous épuisés.

PHOTO PAUL RATJE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

« Les récentes directives émises par la santé publique au sujet des activités pour les finissants nous font penser à de nouvelles barrières », écrit notre éditorialiste.

Heureusement, tant Horacio Arruda que François Legault ont promis des changements.

Ne perdons pas de temps.

Nos jeunes le méritent amplement.

***

Combien de sacrifices ont-ils faits, nos ados pour qu’on puisse aplatir la courbe le plus rapidement possible ?

Ils n’avaient pas grand-chose à gagner sur le plan individuel. L’idée était surtout de protéger leurs aînés et nos hôpitaux.

Pourtant, ils ont – en majorité – respecté avec un grand sérieux les recommandations de la Santé publique.

Masques, écouvillons, distanciation, école en mode virtuel, etc. Depuis le début de cette guerre contre la pandémie, les jeunes sont de loyaux soldats.

Mais cette loyauté a un prix.

Oh, la COVID-19, directement, est pour eux généralement inoffensive ! Mais indirectement, c’est une tout autre histoire. Ils sont parmi ceux qui paient le plus lourd tribut.

Leur quotidien a été chamboulé alors qu’ils traversent une période charnière de leur vie.

Leur milieu de vie a été transformé en champ de bataille.

La santé physique, pour beaucoup, a écopé.

Et que dire de leur santé psychologique. Les statistiques, à ce sujet, sont accablantes. Les témoignages des médecins les confirment.

Et cette détresse tombe bien mal. On manque de ressources en santé mentale.

Les listes s’allongent et les moyens mis de l’avant par Québec pour y remédier sont à peu près aussi efficaces que d’essayer de clouer du Jell-O sur un mur.

Offrir à nos ados des activités de finissants dignes de ce nom ne va pas empêcher la pandémie de leur empoisonner la vie. Mais ce serait un baume sur leurs plaies. Et ça permettrait d’atténuer certaines frustrations.

On les comprend de trouver leur sort injuste alors que les terrasses accueillent de nouveau des clients et que La Ronde peut ouvrir ses portes, comme d’ailleurs les musées et les cinémas.

****

Évidemment, les accommodements devront être raisonnables.

Personne ne veut voir les éclosions se multiplier dans la foulée des bals de finissants.

Mais ce qu’il faut comprendre, aussi, c’est que les écoles avaient déjà fait des pieds et des mains pour organiser diverses activités de finissants tout en se conformant aux mesures sanitaires en vigueur. Notamment en organisant les cérémonies à l’extérieur, par petits groupes.

C’est ce que confirme la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, qui est d’ailleurs en discussion avec Québec pour la suite des choses.

Elle réclame par-dessus tout des assouplissements de deux ordres.

  1. Les parents devraient pouvoir participer aux bals avec les finissants ; c’est possible en respectant les mesures de distanciation avec les autres familles.
  2. Les écoles devraient pouvoir organiser ces activités en dehors des périodes de cours.

On peut aussi penser que faire preuve de plus de souplesse va permettre de minimiser le risque de multiplication des fêtes de finissants qui ne seraient pas encadrées par le milieu scolaire.

***

« On a eu du fun et ça a marqué ma vie », a répondu François Legault jeudi lorsqu’on l’a questionné au sujet des bals de finissants.

Permettez-nous bien humblement une autre suggestion pour ceux qui sont en train de réfléchir à la meilleure façon d’accommoder les élèves et leurs familles.

Donnons simplement aux écoles la possibilité, tout en respectant les mesures sanitaires, d’organiser des cérémonies qui vont marquer la vie de nos ados.