J’ose une prédiction : s’il y a une chose qui va changer après la pandémie, c’est le recours au télétravail.

François Cardinal François Cardinal
La Presse

La pandémie aura forcé les entreprises à s’habituer à ce concept vu avec méfiance par les employeurs. Elle aura permis aux solutions technologiques d’être déployées de toute urgence. Et elle aura incité les employés à se familiariser avec Zoom, Hangouts et autres applications de vidéoconférence.

Résultat : les Québécois sont chaque jour un peu plus accros au travail à domicile, comme en attestent vos éloges quasi unanimes !

« J’aime le télétravail ! écrit Brigitte Joseph. Pas de perte de temps dans le trafic. Pas d’essence à payer. Moins de vêtements à acheter. Moins de stress. Et plus de temps pour moi et ma famille. »

Cela correspond d’ailleurs aux résultats d’un sondage Léger réalisé ces derniers jours, qui révèle que 79 % des Québécois sont satisfaits de leur expérience en télétravail. Un chiffre impressionnant !

Ce sont ainsi autant de déclarations d’amour pour le télétravail que vous m’avez envoyées dans lesquelles vous énumérez ses nombreux avantages. Tout y passe, de l’absence de ragots entre collègues jusqu’à la réduction des gaz à effet de serre en passant par l’absence de bruit dans la maison.

« Travailler dans le calme sans devoir porter un casque pour atténuer les bruits des aires ouvertes ! Ne plus entendre des collègues ronger des carottes à longueur de journée ! Le bonheur ! », écrit Isabelle Lalouette.

Le bonheur, c’est aussi de « manger en famille le midi », selon Olivier Bartoli. C’est de « profiter des pauses pour marcher dans le quartier et faire des choses autour de la maison » pour Marc Raymond. Et c’est « l’absence d’une file d’attente devant le micro-ondes » aux yeux de Johanne Paquette.

Cela dit, vous avez beau aimer beaucoup, beaucoup le télétravail, vous êtes nombreux à trouver difficile l’absence de contacts avec les collègues.

PHOTO GEOFF CADDICK, AGENCE FRANCE-PRESSE

« S’il y a une chose qui va changer après la pandémie, c’est le recours au télétravail », écrit François Cardinal.

Élaine Bissonnette s’ennuie par exemple « du contact humain et de tout le non-dit qui se transmet par une simple marche pour aller chercher un café le matin ».

Et ce qui vous dérange par-dessus tout, c’est la difficulté à la maison de tracer une frontière entre la vie familiale et la vie professionnelle. « C’est difficile de “fermer la porte” à la fin de la journée, note Valérie Gilker Létourneau. Souvent, sans m’en rendre compte, je commence à travailler avant l’heure et continue de travailler après. »

« C’est facile de “régler juste un p’tit problème” avant d’aller se coucher et d’y passer une partie de la nuit, car tout est là, à portée de la main… et du cerveau qui ne s’arrête pas de rouler », renchérit Claire Laferrière.

Et donc, c’est quasiment en chœur que vous faites une proposition à vos employeurs respectifs : et si, après la pandémie, on pouvait travailler un peu au bureau et un peu à la maison ?

« L’avenir idéal pour moi serait de travailler au bureau trois jours et en télétravail les deux autres jours de la semaine. J’espère que les organisations se rendront compte que les gens travaillent plus fort en télétravail et que les préjugés à cet égard vont changer », lance Sonia Lévêque.

« Je suis fonctionnaire dans le monde municipal depuis 29 ans et je suis étonnée de voir ma capacité d’adaptation et ma détermination quant au travail accompli en télétravail, confie Monique St-Jean. Après la COVID-19, c’est sûr que je demanderai à mon employeur de travailler une journée à la maison par semaine ! »

Ce avec quoi Alain Simard est bien d’accord. Lui aussi aime travailler à domicile. Car, confie-t-il, le télétravail lui a permis de passer d’une relation sexuelle par semaine… à une par jour !