La gouverneure générale a donc lu le discours du Trône annonçant les intentions du gouvernement Trudeau.

Agnès Gruda Agnès Gruda
La Presse

Cette prestation symbolique repose sur un principe qui, au théâtre ou au cinéma, s’appelle : suspension de l’incrédulité. On sait que l’intrigue est impossible, mais on y croit parce que la magie a fonctionné et qu’on a laissé notre scepticisme à la billetterie.

Le discours du Trône est une forme de représentation théâtrale où la cheffe d’État doit incarner une vision qui n’est pas nécessairement la sienne. Sauf que mercredi, la magie n’a pas opéré du tout.

Mme Payette avait beau essayer d’insuffler de l’émotion dans sa lecture, impossible d’oublier que nous assistions à un artifice.

Impossible d’oublier qu’elle fait l'objet d'une enquête à la suite d’allégations de harcèlement et de gestion toxique qu’elle aurait implantés à Rideau Hall.

Le Conseil privé n’a pas terminé son enquête, mais ces allégations sont corroborées par d’autres témoignages rapportés par CBC concernant son passage au Centre des sciences de Montréal, qu’elle avait quitté en 2016 dans un contexte semblable, et au Comité olympique canadien, où elle avait fait l’objet de deux enquêtes avant de plier bagage en 2017.

Les habits blancs de Mme Payette ne pouvaient pas faire oublier ces nuages sombres au-dessus de sa tête. D’ici la conclusion de l’enquête, chaque fois qu’elle apparaîtra en public, Mme Payette sera accompagnée par le proverbial éléphant dans la pièce. Celui que tous voient, mais dont personne n’ose parler. Forcément, sa fonction en est écorchée.