Cinq mois.

Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

C’est le délai qu’il a fallu au ministère de l’Éducation du Québec pour aviser 50 000 enseignants que leurs renseignements personnels ont été dérobés.

Le 21 février dernier, Québec a annoncé que les données personnelles d’une banque de 360 000 enseignants ont pu être dérobées. Le gouvernement a alors promis que les personnes touchées recevraient « sous peu » une lettre pour les informer des mesures de protection.

« Sous peu » ? La lettre aux 50 000 victimes du vol de données a été envoyée cinq mois plus tard, à partir du 27 juillet. En guise de comparaison, il a fallu à Desjardins environ 10 jours pour envoyer une lettre à ses 2,9 millions de membres victimes d’un vol de renseignements personnels en juin 2019.

L’explication de Québec pour ce délai de cinq mois ? La crise de la COVID-19. Elle a le dos large, la pandémie.

Curieusement, l’affaire n’a pas levé dans les médias et n’a pas trop demandé l’attention du gouvernement Legault, lui-même surpris de ce délai embarrassant. « Je croyais que l’information était partie [en février] », a reconnu le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Difficile de dire ce qui est le plus frustrant dans ce dossier.

Que la « machine » gouvernementale prenne cinq mois à aviser 50 000 enseignants qu’on a dérobé leurs renseignements personnels ?

Ou qu’à peu près tout le monde ait l’air de s’en foutre ?