Selon des organisateurs du Parti libéral du Québec qui se sont confiés à notre collègue Denis Lessard, Dominique Anglade ne devrait pas devenir la chef de leur parti parce qu’elle aurait de la difficulté à séduire les électeurs des régions « insensibles à une Montréalaise issue des communautés culturelles ».

Laura-Julie Perreault Laura-Julie Perreault
La Presse

Dans les chaumières de l’Abitibi, de l’Outaouais et des Laurentides, cette affirmation a dû en faire bondir plusieurs qui ont dû se remémorer les noms de Jean Alfred, de Michel Adrien et d’Ulrick Chérubin. Le parcours de ces trois hommes nés en Haïti, mais arrivés au Québec dans les années 60 et 70, a de quoi remettre en cause la généralisation de certains libéraux sur les « régions » et leur ouverture à la diversité. Le premier a été élu député péquiste dans Papineau en 1976. Les deux autres ont été respectivement maire de Mont-Laurier et d’Amos. Et ils ont chacun eu quatre mandats.

PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL

« Espérons que la course à la direction du Parti libéral se jouera autour des idées, des parcours et des accomplissements des candidats plutôt que sur leur test d’ADN », conclut notre éditorialiste.

En 2019, c’est particulièrement choquant de voir que des bonzes d’un parti qui se dit ouvert à la diversité sont prêts à rayer quelqu’un de la carte parce qu’il appartient à cette diversité. Dominique Anglade semble avoir fait peu de cas de ces suppositions à l’emporte-pièce, répondant le week-end dernier que le « Québec est ailleurs ».

Nous sommes bien d’accord. Espérons que la course à la direction du Parti libéral se jouera autour des idées, des parcours et des accomplissements des candidats plutôt que sur leur test d’ADN.