Donald Trump a donc consulté ses conseillers sur l’éventualité d’acheter le Groenland. Révélée par le Wall Street Journal, cette nouvelle a suscité les haussements d’épaules réservés aux aberrations qui émanent presque quotidiennement de la Maison-Blanche.

Agnès Gruda Agnès Gruda
La Presse

Sauf que, aussi saugrenu paraisse-t-il, un tel projet n’est pas aussi déconnecté de la réalité qu’on pourrait le penser. À preuve, en 1946, le président américain Harry Truman avait déjà envisagé d’acheter la grande île nordique. Il avait même prévu le prix qu’il offrirait au Danemark : 100 millions de dollars.

Géographiquement, le Groenland appartient bien plus à l’environnement physique nord-américain qu’à l’Europe. À l’endroit où il longe de plus près la Terre de Baffin, la distance entre le Groenland et le Nunavut ne dépasse pas 35 km ! Tandis qu’il se situe à plus de 3000 km de Copenhague !

Mais bon, le Nunavut fait partie du Canada, pays qui n’a jamais manifesté d’intérêt pour le Groenland.

Pourquoi les États-Unis s’intéressent-ils, eux, à ce territoire arctique peuplé par 56 000 habitants qui jouissent d’un grand degré d’autonomie à l’intérieur du Royaume du Danemark ?

PHOTO FELIPE DANA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le Groenland

Quoi que l’on pense de Donald Trump, cet intérêt n’est pas totalement irrationnel. Dès le XIXe siècle, les États-Unis avaient inclus le Groenland dans leur « zone sécuritaire ». Ils y exploitent une base aérienne. Mais surtout, la crise climatique actuelle exacerbe les tensions autour de l’Arctique. Et l’île géante peut s’avérer un atout de taille dans les nouvelles rivalités géopolitiques entre la Russie, les États-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark.

Il n’y a qu’un tout petit hic au projet de Donald Trump : le Groenland n’est pas à vendre. Un détail…