Vous avez hâte au repas de Noël, mais vous appréhendez les inévitables chicanes de famille suscitées par l'actualité et la politique ? Armez-vous de cette liste de sujets et de comportements à éviter pour cette soirée de réveillon, concoctée sans trop de sérieux par notre équipe éditoriale.

L'UPAC, la série policière...

Nous aussi, nous aimons les séries policières. Et il faut admettre que l'UPAC rivalise avec les meilleures depuis quelques mois. Pourquoi a-t-on arrêté le député libéral Guy Ouellette ? A-t-il été piégé ? Était-ce une taupe qui voulait déstabiliser le patron de l'UPAC, ou voulait-il au contraire dénoncer des problèmes internes dans ce corps policier ? On l'ignore. C'est à cela que servent les enquêtes policières : chercher minutieusement la vérité. En attendant de connaître tous les faits, mieux vaut laisser les hypothèses gratuites aux sujets qui s'y prêtent. Alors, Galchenyuk, on le place au centre du deuxième trio ou à côté du vendeur de popcorn ?

Salvail, Rozon, mais surtout les autres 

Le sort des vedettes déchues vous intrigue peut-être. Mais cette conversation risque de libérer les clichés du genre : « faut pas être si susceptible » ou « on ne peut même plus draguer aujourd'hui ». On suggère plutôt de parler des personnes qui ont passé trop d'années à souffrir en silence : leurs victimes potentielles. Parler de leur sort, c'est une façon de se mettre dans leur peau, de comprendre les ravages qu'une agression sexuelle fait. Bref, de développer de l'empathie. Cela aidera en outre à être plus alerte la prochaine fois que de tels comportements se manifestent dans votre entourage, car il n'y a pas que dans le showbiz que sévissent les harceleurs et les agresseurs.

Vous avez dit écriture inclusiv.e 

« Règle », « grammaire » et « langue » ont beau être des termes féminins, il semblerait que le français soit vachement sexiste avec son masculin qui l'emporte. Mais l'est-il vraiment ? Ramener systématiquement les gens dont on parle à leur sexe, n'est-ce pas plus réducteur qu'égalitaire ? Et puis, les femmes auront-elles vraiment plus de poids dans la société si le genre féminin devient plus visible dans le discours ? La discussion serait intéressante si elle n'était pas si prévisible. Tôt ou tard, vous aboutirez dans le cul-de-sac de la féminisation des titres, à comparer les mérites esthétiques des termes « auteure » et « autrice » et à rire des Français qui n'élisent pas de mairesse puisqu'il s'agit de la femme du maire. Soupir... 

On vous aura prévenu. 

Les « gros mots » alimentaires 

Croulant sous les victuailles, la table du réveillon est un lieu de rassemblement qui peut rapidement virer au champ de bataille. Demander la recette du sucre à la crème de votre belle-mère, c'est flatteur. En reprendre trois fois aussi. Mais dire à votre nièce ado nouvellement végétalienne que « ça va te passer, tu aimes trop le bacon », c'est non. Mettre en doute « l'allergie au gluten » de l'un ou l'engouement pour les aliments fermentés de l'autre aussi. Les adeptes du bio et de l'alimentation locale sont priés de garder leurs réflexions sur les fraises de la Californie pour eux. Et les gros mots, comme « calories » et « régime » sont absolument à proscrire.

Celui dont il ne faut pas prononcer le nom...

Les journées sont courtes, le froid se fait cinglant, certains ont le moral dans les talons... Il n'y a aucune bonne raison de parler, pendant le réveillon, d'un des sujets les plus déprimants sur Terre : depuis près d'un an, Donald Trump est l'homme le plus puissant du monde. Ses mensonges fréquents, ses décisions atroces, ses déclarations choquantes ou offensantes... Et que dire de ses tweets ! Chaque semaine, il faut se pincer (parfois plus d'une fois !) pour être bien certain qu'on n'est pas dans un mauvais rêve. Alors un temps des Fêtes sans prononcer le mot Trump ? Ce ne sera pas facile, mais le défi est lancé ! 

Le diable est dans le Lab-École...

L'éducation est un enjeu fondamental, mais généralement inoffensif lorsque vient le temps d'en discuter. Tout le monde souhaite qu'on puisse faire grimper le taux de réussite. Rénover les écoles ? On est pour ! Améliorer la qualité de l'enseignement ? Yes We Can ! Mais on a découvert cette année qu'une exception confirme cette règle : le Lab-École. Depuis que Pierre Thibault, Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie ont reçu le feu vert de Québec pour « changer le modèle » de l'école, les passions se déchaînent. On aurait pourtant tout avantage à laisser ces citoyens engagés faire leur travail et offrir leurs solutions avant de les diaboliser ! 

Un monorail teinté politiquement... 

Étrangement, le projet de monorail entre Québec et Montréal n'est pas qu'un moyen de transport évoqué de manière ponctuelle par des élus politiques, comme Philippe Couillard. Il s'agit plutôt d'un projet hautement politique, poussé par des groupes nationalistes qui ont fait du monorail un porte-étendard de la distinction québécoise : technologie d'ici, hydroélectricité, desserte des régions, etc. Avant qu'il soit cité par le premier ministre libéral, le projet a ainsi reçu l'imprimatur du Parti québécois, d'Option nationale, de Bernard Landry et de Claude Béland. Mieux vaut donc éviter de ridiculiser le projet dans un party des Fêtes, à moins de vouloir ressusciter le clivage constitutionnel... 

De quoi faire sacrer... 

Les discussions sur les nombreux cas d'agression et de harcèlement sexuels qui ont été dévoilés ces derniers mois seront un passage obligé de bien des partys, cette année. Le sujet est incontournable. Et il permet aux hommes de se questionner et aux femmes, d'évoquer un sujet jusqu'ici tabou. Bonne chose. Mais un conseil : ne mêlez pas « l'affaire Sicotte » à cette discussion. Rien à voir. Mais alors là, pas du tout. Et surtout, ne brandissez pas les plaintes faites contre le comédien Gilbert Sicotte pour faire le procès d'une génération. Vos neveux et nièces risquent de hurler, et peut-être même, de sacrer... contre vous.