Les Québécois qui travaillent dans les supermarchés seront enfin en congé en même temps que le reste de la population, et ce, à au moins cinq reprises durant l'année. La nouvelle réglementation annoncée cette semaine réglera du même coup une partie des problèmes liés à l'absurde limite de quatre employés.

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, dit le proverbe. C'est ce qui prévaudra désormais dans les supermarchés. Les consommateurs qui s'y présenteront le 25 décembre, le 1er janvier, le 24 juin, le dimanche de Pâques, le premier lundi de septembre (fête du Travail) ou le 26 décembre avant 13h se buteront à une porte close. Le reste de l'année, par contre, ils trouveront un commerce qui fonctionne normalement, avec le personnel nécessaire. Finies les files interminables les jours de fête!

 

En ce moment, les grandes surfaces d'alimentation (plus de 375 mètres carrés) ont le droit d'ouvrir les jours fériés, à condition de ne pas faire travailler plus de quatre personnes en même temps. Un arrangement bancal qui ne satisfait personne. Les employés en service se voient privés d'un congé avec leurs proches tandis que les clients errent dans un magasin désert, entre des comptoirs fermés et des rayons dégarnis, et piétinent à la caisse.

Le nouvel horaire met fin à ces demi-mesures absurdes. Les consommateurs y perdent un peu en spontanéité - pour le barbecue à la Saint-Jean, il faudra faire ses emplettes la veille -, mais c'est un sacrifice minime pour améliorer la qualité de vie des travailleurs de l'alimentation. Les commerçants y gagnent également au change puisqu'ils pourront avoir tout le personnel dont ils ont besoin les 2 janvier et 1er juillet, deux dates auparavant soumises à la limite de quatre personnes. Le changement du 1er juillet devrait aussi rendre un fier service aux milliers de Québécois qui ont besoin de regarnir leur frigo après un déménagement.

Il faut dire que l'esprit de la loi sur les heures d'ouverture, du moins en ce qui a trait à la fameuse limite de quatre personnes, s'est complètement perdu au fil des ans. La mesure, à l'origine, se voulait dissuasive. Québec s'attendait à ce que les plus grandes surfaces, incapables de rouler avec si peu de personnel, restent fermées. Malheureusement pour les employés, la concurrence féroce qui sévit dans le secteur de l'alimentation a eu raison de cette belle logique. Des supermarchés se sont mis à ouvrir coûte que coûte, c'est-à-dire en payant des amendes lorsqu'ils se faisaient prendre avec plus de quatre employés en service.

Le cas des employés obligés de travailler tard le soir ou même la nuit s'annonce plus difficile à régler. Pour une partie de la population soumise à des horaires atypiques, c'est un service important. Il sera difficile de revenir en arrière.

En attendant, il faut souhaiter que les élections attendues au Québec ne retardent pas l'adoption du règlement sur les jours fériés. Ainsi, les employés de supermarché auront au moins l'assurance d'être avec leur famille à Noël.

akrol@lapresse.ca