La place de Guy Lafleur dans le cœur de nos lecteurs ne fait aucun doute. Voici un aperçu des dizaines d’hommages et de témoignages reçus à la suite de son décès.

Publié le 23 avril

Un deuil immense

Je vis aujourd’hui un immense deuil. Mon héros d’enfance s’est éteint. Ti-Guy, comme j’aimais l’appeler, laissera un immense vide dans ma vie, non seulement en raison de tout ce qu’il représentait pour le ti-cul que j’ai déjà été, mais aussi parce que je l’admirais tout autant comme homme, comme être humain et comme père de famille. Je me permets de dire : « Salut mon chum, tu vas me manquer terriblement. On se revoit en haut, où je trouverai bien un siège libre pour t’applaudir de nouveau. Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai pour toujours. Guy ! Guy ! Guy ! »

Alain Busque

Guy, des Nordiques

J’ai 64 ans. Guy a été une idole. J’allais le voir tous les vendredis avec les Remparts. Je ne manquais jamais une visite du Canadien pour le voir au Colisée. Lorsqu’il a été échangé aux Nordiques, c’était l’euphorie à Québec. Je pense avoir eu le privilège et la chance de voir évoluer Guy souvent. Un des plus grands parmi les grands.

Jean Renaud, farouche partisan des Nordiques

Soirée mémorable

Je voulais absolument voir Guy Lafleur jouer un match au Forum. J’étais une jeune adolescente de 13, 14 ans, alors je ramassais et j’économisais tout mon argent de gardiennage. À cette époque, à 2 $ l’heure, cela m’a pris du temps. Finalement, avec mon argent en poche, je me suis rendue au Forum pour acheter mon billet avec une de mes amies. On espérait acheter des billets pour un match contre Boston, mais il ne restait plus de sièges. On a dû se contenter d’un match contre les North Stars du Minnesota. Quel plaisir de le voir jouer, ce fut une soirée mémorable…

Brigitte Trempe

Entrevue avec un « vrai fin »

Printemps 1990. J’ai 15 ans. J’écrivais dans le journal étudiant de ma polyvalente (Antoine-de-Saint-Exupéry). Dans les médias locaux, on annonce une séance de signatures de Guy Lafleur pour l’inauguration d’un commerce à Saint-Léonard. Il jouait encore, un de ses nombreux retours de fin de carrière. Je dis à un collègue de classe : « On va faire la file, on apporte notre enregistreuse, et on essaie de faire une petite entrevue. » On attend en ligne avec des dizaines d’autres curieux, on arrive à notre tour, un peu maladroits, et on lui explique qu’on veut bien sûr un autographe. Mais on veut aussi lui poser deux ou trois questions pour le journal de l’école. La file derrière nous est longue… mais il sourit et nous dit oui. Il nous fait s’asseoir avec lui à sa table de signature. On lui assure ne pas prendre trop de temps. Gentil comme tout. On a eu l’entrevue… et l’article. Tout le monde le dit : Guy Lafleur, c’était un « vrai fin » en plus d’être une légende du hockey qui restera longtemps dans nos cœurs.

Louis-Philippe Péloquin, Varennes

Bon voyage, Guy

Je l’ai vu évoluer avec les Remparts de Québec. J’avais des billets de saison avec mon père, et quand les Remparts ont gagné la Coupe Memorial, je n’oublierai jamais l’ovation au Colisée de Québec, un moment magique. Quand il venait au Colisée et qu’il s’assoyait dans les gradins, les petits culs se bousculaient pour avoir un autographe. Homme de cœur, gentil, toujours souriant… pour lui, les gens étaient plus importants que lui-même. Bon voyage, Guy.

Francine Tremblay

Tout sourire, même fatigué

Je suis à bord d’un vol d’Edmonton vers Montréal et je remarque un passager assis sur un siège d’allée juste devant le mien. Je reconnais Guy Lafleur, profondément endormi sur son siège, la bouche ouverte, probablement épuisé de sa partie de la veille, la classique héritage de 2003. Une fan se présente dans l’allée et sans aucun remords, lui tape sur l’épaule à plusieurs reprises afin d’avoir son autographe. M. Lafleur finit par se réveiller et, tout sourire, lui signe son papier. Décidément, il avait un grand respect pour ses fans, même les plus envahissants, disons.

Denis Lemaire

Seul face aux Ducs

Je retiens de Guy Lafleur ses éclatants exploits au Colisée qui ont marqué l’histoire du hockey à Québec, d’abord au tournoi pee-wee, puis chez les As Junior et les Remparts. La première fois que j’ai mis les pieds dans cet édifice mythique, en 1971, j’avais 10 ans, et j’ai vu Guy Lafleur vaincre presque à lui seul les Ducs de Trois-Rivières devant 12 000 personnes, au son des « Ils sont en or, ils sont en or ». Un moment magique. La suite appartient à l’Histoire.

Denis Paquin, Saint-Jean-Port-Joli

Une trame sonore…

« Guy ! Guy ! Guy ! » a été la trame sonore de ma jeunesse.

Sylvie Monfette

Bon et humble

En 2009, mon père est s’est éteint. Plus tard cette année-là, en mai, à l’anniversaire de ma mère, nous sommes tous allés au restaurant de Guy Lafleur à Rosemère. Il était là. On lui a expliqué la raison de notre présence et combien mon père aurait été heureux de le rencontrer. Il est venu parler à ma mère, puis on a pris des photos avec lui. Avant qu’on quitte le restaurant, Guy Lafleur était près de la sortie. Je l’ai remercié, sûrement comme des milliers de gens l’ont fait avant et après moi. Un homme bon et humble, malgré tout ce qu’il a accompli. Comme tous ceux qui l’ont suivi, je suis triste d’apprendre son décès.

Yves Gagné

On lui doit beaucoup

Un des héros de mon enfance, une des figures québécoises qui a le mieux personnifié cette fierté nationale durant les années 1970 en faisant rayonner cet incroyable talent partout sur le continent. On lui doit beaucoup.

Marc Levasseur

Guy le modèle

Un vrai, un authentique sans langue de bois. Un gagnant, un généreux qui a procuré tellement de bonheur aux Québécois ! Un modèle pour nous tous dans un monde qui a perdu ses repères et ses valeurs.

Richard Monaco, 63 ans

Le numéro 10 à Vancouver

Moi qui n’ai jamais été un fan de hockey, je me souviens d’un séjour de quelques mois passés à Vancouver, où mes amis de là-bas se faisaient une joie d’assister aux parties Canadien-Canucks avec moi. La première fois qu’ils m’ont invité à une game, je me rappelle m’être dit que je serais bien seul à « prendre » pour le Canadien de Montréal. Cependant, dès mon arrivée dans l’amphithéâtre, je me suis aperçu que j’étais loin d’être le seul admirateur de l’équipe québécoise : des dizaines et des dizaines d’amateurs portaient fièrement le chandail du Canadien… mais ils arboraient tous, sans exception, le numéro 10. Pour ne pas être la risée du groupe, j’ai bien pris soin de ne pas demander à mes amis quel pouvait bien être le joueur de « mon » équipe jouissant d’un tel engouement… à l’autre bout du pays. Durant cette partie mémorable (pour moi), j’ai pu mesurer l’admiration portée à cet athlète hors du commun. Et comme des dizaines et des dizaines de spectateurs, moi aussi j’ai crié : « Go LaFlour, Go ! »

Yvan Dion, La Malbaie

La vedette de l’âge d’or

C’était mon joueur préféré. J’ai 57 ans. J’ai grandi avec l’âge d’or du Canadien, avec Guy Lafleur comme vedette et cette fierté d’être les meilleurs ! Je l’ai vu jouer une fois, il y a une vingtaine d’années, lors d’une rencontre entre d’anciens joueurs du Canadien. Il a compté un but lors de cette rencontre et, du coup, toute la fierté que je ressentais naguère m’est revenue ! Guy ! Guy ! Guy !

Diane Brissette

Après le Rocket et Jean Béliveau…

Très jeune, j’ai eu la chance, à de rares et précieuses occasions, d’accompagner mon père à des parties du Canadien au vieux Forum. Je n’avais d’yeux que pour Larry Robinson et, surtout, pour Guy Lafleur. De retour à la maison, quand ma mère nous demandait si « nous » avions gagné, je répondais : « Guy Lafleur a gagné 4-2. » Pour moi, il les marquait tous ! Je comprends aujourd’hui ce qu’ont ressenti les plus vieux quand Maurice Richard est décédé, cette tristesse dans les yeux de mon père quand Jean Béliveau nous a quittés. Ils ne perdaient pas qu’une idole, mais une partie d’eux-mêmes.

François Drouin, Rivière-du-Loup