L’éditorial d’Alexandre Sirois publié le 29 août, « La faute de Biden… et de ben Laden ! »1, a suscité des commentaires intéressants. Voici un aperçu des courriels reçus.

Publié le 31 août 2021

La démocratie ne s'exporte pas bien

La preuve est faite et pas seulement en Afghanistan, la démocratie ne s’exporte pas bien. Vingt ans d’efforts et des milliards plus tard, les Afghans n’en veulent pas, en tout cas pas assez pour la défendre. L’évolution vers une forme ou une autre de démocratie a pris des centaines d’années, voire des milliers dans les pays où elle a réussi et on pensait y parvenir en quelques mois ?

François Boucher

La responsabilité des stratèges militaires

Je veux bien que Joe Biden soit reconnu comme un des grands responsables de la façon dont le retrait a été fait, mais personne ne parle des hauts dirigeants militaires qui le conseillent. La décision finale lui appartient, mais les grands stratèges ont aussi leur part de responsabilité, non ?

Serge Lecavalier

Ce que ben Laden a réussi

Enfin, quelqu’un qui parle de ben Laden ! Merci, M. Sirois. Vous n’avez pas été jusqu’à dire que ben Laden a gagné, mais pour moi, le constat est clair : le Saoudien a réussi à faire comprendre à la majorité des Américains qu’ils n’ont pas d’affaire à imposer leurs valeurs à qui que ce soit. Et, d’autre part, que la supériorité militaire n’est pas une garantie de succès.

Alain Raymond, Knowlton

Retrait chaotique

Je voudrais qu’on m’explique pourquoi Joe Biden est responsable du désastre afghan. Est-ce que ce ne sont pas les généraux de l’armée américaine qui planifient les opérations du genre ? Le président n’est pas un stratège militaire et n’a pas planifié ce retrait chaotique.

Nicole Sauriol

Dès avril...

L’ambassadeur des États-Unis a dit récemment sur CBS que tous les Américains et leurs aides afghans ont été avertis dès le début avril qu’il leur fallait prendre les mesures pour quitter le territoire afghan. Tirez vos propres conclusions.

Jean-Louis Dubé, Sherbrooke

Les limites de la démocratie

« La progression de la démocratie à l’étranger a ses limites », dites-vous. Effectivement, elle a même ses limites maintenant bien évidentes aux États-Unis. On le constate avec la tentative de coup d’État trumpiste toujours en cours…

Jean Caron, ingénieur retraité

L’hégémonie à tout prix

Les Américains sont désabusés, certes, mais ils n’abandonneront jamais l’idée d’intervenir militairement là où leurs intérêts l’exigent, peu importe les conséquences. Ce pays ou plutôt ce continent ne peut se refermer sur lui-même sans quoi un autre pays ou continent prendra le dessus. La Chine est l’exemple le plus éloquent. L’Europe ou la Russie font semblant de faire partie de l’équation, mais n’en ont pas la force. Le 11 septembre 2001 a simplement montré aux Américains leur vulnérabilité face au terrorisme. Leur réponse est désormais ailleurs, soit celle de maintenir à tout prix leur hégémonie militaire.

Christian Castonguay

Biden assume ses choix

J’estime que, comme un grand nombre de commentateurs, vous faites preuve d’une méconnaissance profonde du défi colossal de retirer harmonieusement, en masse, les troupes et les autres personnes de ce pays désorganisé et du legs de Trump qui a négocié à Doha avec les talibans en l’absence du gouvernement afghan dûment élu, et d’une grande superficialité dans l’analyse. Au moins, Biden assume ses choix parce que, même quand il était vice-président de Barack Obama, il disait publiquement et en privé qu’il ne croyait pas aux bienfaits de l’intervention en Afghanistan. C’est un retrait qui, à certains égards, est mieux réalisé que le retrait du Viêtnam. Trouvez-en, une opération de retrait réussie dans un contexte de ce genre.

Pierre Gignac

Le piège de ben Laden

J’aimerais qu’on parle de la victoire de ben Laden dans tout ça. Comme s’il avait vu que les Américains tomberaient dans son piège. Quelque 2000 milliards plus tard et deux tours en moins, il a atteint son but : toucher l’économie américaine tout en renforçant les idéaux islamistes.

Pierre Jodoin

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