Publié le 17 juin 2021

Des résidences confortables

Le jour où le gouvernement sera en mesure d’offrir des résidences confortables et de luxe comme le font des groupes privés comme le Groupe Maurice, je serai d’accord avec la réduction de subventions. Je suis sceptique que ce jour arrive. Comme je fais partie de la population vieillissante, je me fie beaucoup plus sur les résidences privées pour passer mes jours en tant qu’aîné.

Alain Parent

Des loyers prohibitifs

En plus de détourner des fonds de l’État, les loyers demandés par cette industrie me semblent prohibitifs, même en tenant compte des services offerts, si on compare à des habitations similaires et sécurisées qui ne sont pas des résidences privées pour aînés, mais presque, en termes de services. Je crois qu’il y a ici un effet de captation par ces géants, sur de très courtes périodes, du capital amassé par des citoyens en plus de 40 ou 50 ans. Certains ne pourront se permettre de demeurer dans ces résidences jusqu’à la fin de leur vie. C’est déplorable !

Michel O. Côté

Des services à la carte

Les résidences privées pour aînés disent offrir plusieurs services dans leurs établissements, mais oublient de préciser que tous les services offerts sont à la carte. Ainsi, ces services ne sont pas inclus et ajoutent aux loyers déjà très élevés des frais qui peuvent devenir faramineux. Il devrait y avoir un meilleur encadrement de ces résidences dans leur fameuse offre de services qui n’est en fait qu’illusoire puisque ces services sont déjà offerts aux mêmes coûts dans le privé.

Sylvie Pilon, Belœil

Des employés sous-payés

Mes parents ont vécu dans deux résidences privées pour aînés. Ce que je déplorais, c’était le manque d’argent pour bien payer les employés à l’accueil, à la salle à manger, à l’infirmerie et à l’organisation des loisirs. Cela créait beaucoup de va-et-vient chez le personnel alors que l’on doit avoir de la stabilité dans ce genre d’établissement. Ça m’enrageait de voir que le gouvernement donnait un crédit d’impôt à mes parents qui était donné à ces multinationales qui s’enrichissent à nos dépens.

Sylvie Labrosse

Un besoin réel

Le Québec a probablement une culture différente des autres nations, mais ici, un grand nombre de nouveaux aînés préfèrent vivre en résidence privée pour aînés (RPA) parce qu’ils sont conscients (pour l’avoir vécu avec leurs propres parents) que de garder sa maison (même avec de l’aide financière gouvernementale et de l’aide extérieure) est extrêmement demandant pour leurs enfants ou la famille immédiate, souvent aussi vieillissante. Donner des subventions pour le maintien à domicile ou le donner à un aîné pour l’aider à se loger sécuritairement et convenablement dans une RPA, à part l’engraissement des multinationales, je me demande où est le mal. La RPA ne convient pas à tous, mais elle répond à un besoin réel. Le rêve de garder sa vieille maison à la campagne avec le coucher de soleil et les écureuils est très romantique, mais qui va s’occuper de faire remplacer un toit qui fuit ou entretenir la maison, ramasser le courrier, déneiger l’entrée pendant que papa ou maman fera un séjour à l’hôpital ? « Liberté 85 » n’a malheureusement pas le même sens que « liberté 55 ».

Micheline Naud

Rien pour les proches aidants

Tout simplement honteux et je dirais même inacceptable, quand on pense que le gouvernement verse des sommes astronomiques à ces établissements privés et que nous, proches aidants, n’avons absolument rien lorsqu’on garde nos parents âgés à la maison. Pas grand service des Services sociaux et un gros 800 $ par année comme crédit d’impôt pour proche aidant. Ces crédits d’impôts qu’ils encaissent chaque mois, pourquoi les proches aidants n’y ont pas droit pour améliorer le confort à domicile de nos personnes âgées ? Nous n’avons pas d’aide financière, il faut tout acheter nous-mêmes. Où sont les services pour les personnes âgées qui restent à domicile et qui devraient améliorer leur confort ? Depuis la pandémie, combien d’articles ont circulé et combien de discours avons-nous entendu de la part des politiciens disant qu’on va s’occuper de nos personnes âgées, qu’elles méritent mieux pour vieillir, qu’elles ont bâti le Québec, qu’on leur doit ça ? L’aide aux personnes âgées à domicile est une vraie risée.

Marie Drolet

Finançons plutôt le maintien à domicile

Imaginez si une partie de cet argent allait plutôt pour le maintien à domicile. Je compte vraiment sur le gouvernement actuel pour changer la situation que vous décrivez.

Robert Beaudry, 78 ans et toujours dans son domicile, Laval

Créons des coopératives d’habitation pour aînés

Je fréquente les résidences privées pour personnes âgées depuis plus de 10 ans. Mes parents y résident et je fais du bénévolat pour transporter les personnes âgées de plusieurs de ces résidences à leurs rendez-vous médicaux. Je peux affirmer sans me tromper que la grande majorité des personnes âgées qui vivent en résidence privée ont choisi de s’y installer. Habituellement, c’est qu’elles ne sont plus capables de tenir maison, que leurs enfants sont loin et qu’elles veulent rester autonomes le plus longtemps possible.

Elles trouvent dans ces résidences confort, sécurité et liberté (du moins en dehors des périodes de COVID-19). Cela n’enlève rien au fait que ces résidences sont très chères et génèrent de bons profits pour les entreprises qui les exploitent. Il faut bien reconnaître qu’il y a peu de solutions de rechange pour quelqu’un qui perd en partie son autonomie. Il est utopique de penser que les soins à domicile pourront combler les immenses besoins à ce chapitre.

Bien sûr qu’il faut plus de soins et de services à domicile, mais cela ne sera jamais suffisant, car entre le CHSLD, qui est la dernière étape de vie, et le domicile, il y a au moins 10 à 15 ans de vie où on aura tous besoin de soutien plus ou moins grand. Vivre seul dans sa maison ou son logement peut alors devenir vraiment difficile, même avec des services sporadiques. Quelles sont les solutions dans ce contexte ? En dehors des résidences privées pour aînés, je ne vois rien d’autre et cela me préoccupe. Peut-être y a-t-il une avenue dans la formule de résidence en coopérative ?

Je souhaiterais que le gouvernement étudie, en collaboration avec Desjardins, la possibilité de soutenir l’établissement de coopératives d’habitation pour aînés. Cela permettrait de baliser les coûts, les services offerts, les normes de construction, etc. Cela permettrait aussi l’accès à des logements et des services à coûts abordables et enfin cela ferait en sorte que les sommes consacrées au logement des aînés restent au Québec au lieu d’engraisser les multinationales étrangères.

Hélène Latouche, Québec

Lisez « Résidences privées pour aînés : une industrie florissante lourdement financée par des fonds publics »