Le texte de Renaud Brossard publié jeudi a suscité près d’une centaine de commentaires, plutôt polarisés. Un aperçu des courriels reçus.

Publié le 15 juin 2019

Opposition irrationnelle et hypocrite

Cette fin de non-recevoir qu’on maintient envers les projets de pipelines est irrationnelle et hypocrite. Nous en avons déjà sur notre territoire et personne ne s’en plaint.

Par ailleurs, nous avons un gouvernement provincial qui joue la carte du populisme et renforce l’hostilité plutôt que de nous éduquer. Nous sommes bien mal placés pour nous plaindre de l’intransigeance des Américains envers le passage des lignes de transport à haute tension. Et au Canada, on peut mettre une croix sur une coopération entre les provinces en matière d’énergie qui serait avantageuse économiquement et environnementalement. — Réjean Girard, Boucherville

L’empreinte écologique

Le refus des pipelines ne constitue pas le cœur du problème. Le refus est lié à l’exploitation des sables bitumineux. L’extraction du pétrole à partir des sables bitumineux est véritablement une catastrophe écologique. La transformation des sables pour en extraire le pétrole est une source de pollution majeure des cours d’eau et des nappes phréatiques.

De plus, le traitement pour en arriver à extraire les hydrocarbures est une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre qui sont incompatibles avec les objectifs environnementaux des citoyens partout au Canada. Et on ne peut pas passer à côté des risques associés au transport de ce pétrole, qui sont élevés. L’électricité ne génère pas de gaz à effet de serre et son transport ne peut pas être dangereux comme le pétrole, aucune commune mesure. On veut toujours payer moins cher, c’est normal, mais en refusant d’évaluer une option dans son ensemble — l’empreinte écologique de l’exploitation sur des millions de km2 —, on risque de payer une facture de changements climatiques à long terme que nous ne pouvons pas refiler à nos enfants. Ce serait indécent. — Catherine Bégin

Le pétrole canadien d’abord

Nous avons besoin de pétrole et nous devrions privilégier le pétrole canadien avant de continuer d’en importer à prix fort. — Benoît Lemay, Lac-Brome

Et nos enfants ?

Vraiment pas d’accord. Oui, c’est frustrant de ne pas pouvoir vendre notre électricité, mais nous devons respecter le choix de ces États. Par contre, vous ne pouvez pas comparer une énergie propre à l’énergie produite par les sables bitumineux. Ça paraît bien de mentionner tous ces millions de dollars, mais notre environnement et l’héritage que nous laisserons à nos enfants, qu’en faites-vous ? — Ginette Giguère

Trop de trains

Vous avez tout à fait raison. Pendant ce temps, on laisse circuler des trains chargés de pétrole à travers nos villes et villages, ce qui est beaucoup plus dangereux pour la population et l’environnement. — Roland Gauthier

Le déclin du pétrole

Si les Américains veulent acheter l’électricité du Québec, ils s’arrangeront bien pour trouver un chemin pour faire passer le courant. 

Quant aux pipelines de l’Alberta, je ne suis pas de votre avis sur les retombées positives par rapport à la cochonnerie qui y circule. Primo, le genre d’extraction polluant et, ensuite, les risques de déversements dans la nature. Rien de comparable avec le transport d’électricité ici. 

Par ailleurs, le pétrole est sur un déclin. Il servira probablement jusqu’à son épuisement, surtout pour la fabrication de produits dérivés autres que pour sa combustion. La comparaison des pipelines s’arrête là. Un est plutôt considéré comme une pollution visuelle tandis que l’autre, comme polluant tout court. — Richard Léveillé, Montréal

Une différence économique

La différence économique avec les oléoducs et les lignes à haute tension pour l’exportation de sources d’énergie est que les profits potentiels du pétrole vont aller en très grande majorité à des entreprises privées américaines, alors que les profits de la vente d’électricité profitent entièrement au Québec, contrairement à l’Alberta et à la Saskatchewan qui ne récoltent qu’une petite fraction des profits générés, en plus d’hypothéquer ces provinces de l’Ouest d’une pollution nettement plus coûteuse. — Jean-Guy Hamel Québec

On pourrait s’en mordre les doigts

Il serait intéressant qu’un plus grand nombre de Québécois intègre cette information. Pourrait-on imaginer les conséquences d’un échec dans les négociations avec les États-Unis et un affrontement avec les provinces de l’Ouest canadien ? On pourrait s’en mordre les doigts. — Yvon Rousseau

Propre et sale

Je pense tout simplement que vous comparez une énergie propre à une énergie sale. — Denis Latendresse

Une solution

Je suis tellement d’accord avec votre analyse. Pour ajouter aux emplois que créerait un tel pipeline, le Québec pourrait demander un dollar par baril aux pétrolières qui passeraient en sol québécois. L’argent ainsi récolté par Québec pourrait servir à sortir les ménages à faible revenu du chauffage au mazout par des subventions ou à tout autre projet énergétique. L’Alberta exploiterait son pétrole, le Québec investirait dans des programmes plus écologiques, et les pays qui utilisent le charbon pourraient ainsi sortir de l’emprise de ce produit encore plus polluant. — Denis Bourque