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Pas de miracle

En France, François Hollande s'est engagé à réduire... (photo greenpeace via Agence france-presse)

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En France, François Hollande s'est engagé à réduire «la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025».

photo greenpeace via Agence france-presse

Patrick Bonin

L'auteur est responsable de la campagne climat-énergie à Greenpeace Canada, à Montréal. Il répond à l'éditorial L'énergie miracle, d'André Pratte, publié mercredi dernier.

La transition énergétique que nous devons réaliser repose sur un constat et une nécessité: la planète subit un phénomène climatique majeur d'élévation de la température moyenne et nous devons limiter le réchauffement à un maximum de 2°C, seuil au-delà duquel les conséquences environnementales auront un impact catastrophique.

Depuis 2005, Greenpeace a développé plus de 37 scénarios appelés [R]évolution énergétique applicables à des niveaux nationaux (incluant le Canada et la France), régionaux ou mondiaux et plusieurs rapports présentant des solutions, dont un sur le potentiel des énergies solaires au Québec. Notre but: répondre aux crises environnementales, sociales et économiques qui s'alimentent entre elles et s'accentuent.

En 2010, le rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sur les énergies renouvelables et les dérèglements climatiques (SRREN) a d'ailleurs utilisé notre scénario [R]évolution énergétique comme l'un des quatre scénarios de référence. Ce scénario prône une transition rapide et graduelle vers d'autres sources d'énergie et une diminution de notre dépendance aux énergies fossiles. Jamais il n'est question de «solutions miracles».

Selon ce scénario, la France pourrait sortir du nucléaire d'ici 2031 et ainsi réduire les coûts et les risques liés à la gestion des déchets nucléaires (radioactivité sur des milliers d'années), aux accidents majeurs (contamination comme à Tchernobyl et Fukushima) et à la prolifération nucléaire (armement et terrorisme). François Hollande s'est d'ailleurs engagé à réduire «la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025». Cela est possible grâce aux économies d'énergie (2/3 de l'effort) et à la production d'énergie 100% renouvelable.

La consommation finale d'énergie pourrait ainsi être diminuée de 50% d'ici 2050 en France. Elle possède aussi un fort potentiel pour les énergies renouvelables (deuxième potentiel éolien de l'Europe et cinquième en matière d'énergie solaire).

Pour leur part, les énergies vertes sont compétitives avec le nucléaire et les combustibles fossiles, surtout si l'on comptabilise les coûts environnementaux (déchets nucléaires, risques d'accident, émissions de GES) et l'on tient compte des faramineuses subventions directes et indirectes aux industries pétrolière et nucléaire. L'électricité d'origine nucléaire coutera d'ailleurs plus de 100€/mégawattheure (MWh) contre 80€/MWh pour l'éolien en France. 

Pour 2011 seulement, les combustibles fossiles étaient subventionnés à hauteur de 523$ milliards, dont plus de la moitié pour les produits pétroliers. Selon l'Agence internationale de l'énergie, éliminer ces subventions engendrerait la moitié des réductions de GES requises au niveau mondial, soit l'équivalent de toutes les émissions de l'Allemagne.

Les solutions énergétiques du passé ont prouvé leur limite et nous exposent à des risques majeurs, comme la tragédie de Lac-Mégantic.

La révolution énergétique ne relève pas du miracle, mais elle exige courage et vision.




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